but i'm a star

 

J'ai passé ma journée de télétravail à regarder mes films d'amour favoris, à savoir le saint tryptique She Came To Me, Watching Detectives et Safety Not Guaranteed donc il est tout à fait normal qu'à 17h25, je me branche sur X car trop d'amour, c'est absolument inhumain, il me faut du sang et Mia Goth qui hurle, hache à la main.

Moment douceur, en somme. J'aime mon moi qui se branche sur des films à regarder. Je crois que ça n'est pas tellement les films en eux-mêmes, qui me réconfortent, mais le fait de regarder des histoires, dans un contexte spécifique: un fauteuil confortable, une glace au yahourt et des chips. Il y a quelque chose de très enfantin là-dedans. Je suis assez primaire quand il s'agit de cinéma. Je n'ai pas besoin que ça m'ouvre les yeux sur quoi que ce soit. Ce qui me suffit, c'est juste de rire ou de pleurer. Il faut que ça me procure quelque chose, que je le sente avant de le formaliser. Le contenu avant le contenant. Et dieu seul sait que j'aime une belle image (et Mia Goth maculée de sang).

Le fauteuil est cramé à l'endroit exact où je pose mes fesses, on appelle ça de la patine, moi j'appelle ça un pacte. La glace fond dans le pot, personne ne pleure pour elle. Je regarde des histoires d'amour comme d'autres font une cure thermale: allongée, muette, en attendant que le sentiment remonte à la surface tout seul.

Trois films, zéro culture, une thèse jamais écrite sur pourquoi le mec de Watching the Detectives ressemble à mon ex qui collectionnait les vinyles sans platine. Je ne suis pas venue chercher du sens, le sens peut aller se rhabiller, moi je veux juste choper un sentiment au vol et le regarder mourir en direct, façon puceron sous loupe un jour d'été.

Et à 17h25 pile, sonnerie d'usine, je repose la cuillère et je vais chercher Mia Goth, parce que trois love stories d'affilée sans un minimum de tronçonneuse, ça déséquilibre l'organisme. C'est pas de la violence, c'est de l'hygiène.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire