
Je ne sais pas pourquoi mais cette photo a clairement une petite vibe de lundi matin.
Je deviens une rubrique lifestyle à moi toute seule.
shambolic gonzo - part II

Dolly Parton est morte. Tim Curry est mort. Yayoi Kusama est morte. J'ai repris le travail avant-hier. Personne ne m'a demandé si j'étais prête. J'ai mangé une boîte entière de ptasie mleczko devant la saison Red Tide d'American Horror Story. Je crois aussi avoir croisé Hayao Miyazaki rue de Rennes. On s'est arrêtés. On s'est regardés. Il m'a souri comme si j'étais un second rôle dans un de ses films. J'ai vu Louis Garrel dans la foulée. Ça n'a rien d'étonnant, je le croise tellement souvent que je suis intimement convaincue qu'il me suit depuis mon arrivée à Paris. J'ai vu La Fin d'Oak Street. J'ai hâte de voir l'adaptation d'East of Eden, et un peu peur aussi, parce que les bons livres survivent rarement au format. J'aime beaucoup le nouveau titre de Jennie, Fallen Angel. Je l'ai mis en boucle sans me demander pourquoi. Je n'ai toujours pas écrit ma liste de courses. J'ai envie de me refaire une frange comme Tove Lo quand elle a repris Good 4 U d'Olivia Rodrigo, cette frange-là précisément, celle qui dit "je viens de traverser quelque chose et j'ai décidé que ça se verrait".
Ça fait beaucoup, pour une note de vendredi.
J'ai toujours voulu un cheval. Pas pour le monter, hein, même si j'ai fait de l'équitation pendant quelques années et que je sais techniquement dans quel sens on met une selle. Non, juste pour l'idée de me balader dans la rue avec, comme si je promenais un chihuahua, sauf que le chihuahua fait 600 kilos et qu'il faut fermer la boulangerie le temps qu'il passe devant. J'ai eu cette idée à quatre ans, à un âge où les autres enfants voulaient être princesse ou pompier, et moi je voulais déjà gérer un animal de la taille d'une voiture en centre-ville, donc ne venez pas me parler de logistique, les gens qui parlent de logistique ne sont jamais invités aux bonnes fêtes. Et de toute façon Kat Dennings dans 2 Broke Girls a prouvé que c'était jouable à Williamsburg, donc le débat est clos, on passe à autre chose.
J'ai décidé de rouvrir mon carnet à idées, celui où je laisse traîner tous les sujets que j'aimerais traiter un jour, façon cimetière d'éléphants mais pour mes pensées les plus stupides. C'est drôle, parce que je me suis rendu compte qu'il y en avait plusieurs que j'avais déjà rayés, ce qui veut dire que j'ai eu, à un moment de ma vie, assez de rigueur pour trier des idées, information qui m'a moi-même beaucoup surprise. Ça méritait un croissant avec un chocolat chaud, donc j'ai mangé un croissant avec un chocolat chaud (non, vraiment, on est le 22 août, j'ai décrété la fin de l'été unilatéralement et personne n'a le droit de contester). Je suis aussi retombée sur ce creative thinking journal acheté chez Flying Tiger, dans un pur élan d'optimisme de vacances, que je comptais remplir religieusement pendant mes congés et qui est resté vierge comme au premier jour, parce que c'était soit ça, soit je ne terminais jamais le site ni le podcast (oui, il est fini, laissez-moi juste rassembler le peu de force qu'il me reste pour assumer d'entendre ma propre voix, ce qui reste, de tout ce que j'ai vécu cette année, l'exercice le plus traumatisant). Je me demande si je ne ferais pas une update de temps en temps ici de ce que je raconte dans ce journal, histoire qu'on rigole un peu ensemble (par exemple : qu'est-ce que je ferais pendant une journée si j'étais invisible, question à laquelle j'ai déjà, évidemment, une réponse bien trop détaillée). J'ai ÉNORMÉMENT d'idées, dans le sens où j'ai un carnet plein de titres sans un seul paragraphe derrière, ce qui techniquement ne compte pas comme des idées mais plutôt comme des promesses que je me fais à moi-même et que je ne tiens jamais.
Sur ce, je vous laisse, j'ai des écoutes en retard de Snack Wars, et contrairement au journal Flying Tiger, ça, au moins, je le termine toujours.
Premier jour de règles, orage dehors, moi sous un plaid. La météo et mon utérus s'étaient visiblement passé le mot. J'ai mangé une tarte pomme de terre-feta comme si elle allait me sauver, bu une tisane de thym par pur réflexe de grand-mère intérieure, et enchaîné Beignets de tomates vertes puis Le patchwork de la vie, mon film d'automne officiel. Septembre sans courtepointe, c'est un peu comme Noël sans engueulade familiale. Théoriquement possible, mais on n'y croit pas vraiment.
Je voulais aussi vous dire merci pour tout ce qui a tourné autour du Bad Girls Book Club ces derniers temps. Les retours, les liens depuis vos blogs, les partages. Ce projet a en fait dix ans, il a d'abord existé sur Canalblog, plateforme qui a fini par tout saborder sans prévenir personne, et la vie s'est chargée du reste pendant un moment. Il a fini en pause, un peu comme ces séries qu'on dit vouloir reprendre "un jour". Mais ce détour forcé m'a surtout donné le temps d'y repenser sans la pression, et de lui reconstruire une colonne vertébrale un peu différente. Wait and see.

Bon. Les news s'empilent dans un coin de mon cerveau comme du linge sale, et je culpabilise un peu de ne jamais vous en parler vraiment. Genre : je suis allée voir le nouveau Araki, et c'est ce matin, devant mes tartines de cottage cheese, que j'ai réalisé que je ne vous avais toujours rien dit. Dramatique. Le monde entier retient son souffle pour savoir ce que j'ai pensé d'un film sorti il y a un mois. Toutes mes excuses à la communauté internationale, je sais que vous avez souffert.
Bon bah écoutez, c'était très bien. Oui, un mois de retard, mais sincère, la review. Ça valait le coup d'attendre, tenez-vous bien. Plus sérieusement. Araki n'a plus rien à prouver à personne, et pourtant le voilà qui retrouve un peu son goût pour le sexe et les personnages complètement cramés. Bonne nouvelle pour un mec dont le cinéma entier tient dans la question «et si ces gens allaient encore un peu plus mal?». Les critiques, elles, sont divisées façon bataille de polochons. Certains trouvent ça trop sage, d'autres sont ravis qu'Araki revienne foutre le bordel dans le cinéma contemporain. Moi j'ai passé un super moment, ce qui est probablement la seule info qui compte dans ce paragraphe, gardez ça.
Pourquoi faire de longues notes quand on peut juste regarder des vidéos sur Youtube? (Mention spéciale pour Troye Sivan qui nous offre l'hymne girlhood par excellence sur fond d'un Beck version 90s) (I feel seen).