sweetness, I was only joking when I said I'd like to smash every tooth in your head



Je ne sais pas pourquoi mais cette photo a clairement une petite vibe de lundi matin.

J'ai pris une nouvelle résolution (que bien évidemment je ne tiendrai pas), à savoir, tenter d'écrire tôt le matin. Après, c'est peut-être le rythme qui veut ça. Se lever, boire de l'eau, faire des étirements, préparer des choux de Bruxelles pour la pause de midi en écoutant Pierre-Emmanuel Barré insulter la terre entière. C'est mon petit moment douceur. 

Je deviens une rubrique lifestyle à moi toute seule. 

the weeping song of a reluctant messiah

Assez contrariée d'avoir appris hier qu'une nouvelle canicule se préparait tandis que je tenais dans les bras deux nouveaux plaids inspiration Les ensorceleuses (oui, j'attends le deuxième volet avec impatience). Pour tout vous dire, j'avais poussé le vice jusqu' acheter deux nouvelles paires de charentaises et j'avais le doigt qui me démangeait pour commander de nouveaux survets (mon rêve secret, un nouveau confinement). Tout ça pour devoir attendre avant de devoir enfin remettre des vêtements confortables et arrêter de coller comme de la glue. Même la luminosité et le ciel bleu me font chier. Hier, il y a eu un orage de dingue pendant que j'allais acheter du tofu, bah croyez-moi que j'ai bien profité. Il manquait juste une bande son des Cramps et d'un obscur groupe de post punk era communiste et j'avais mon biopic dans la boîte. 

Sinon, j'ai commandé un nouveau livre et j'ai terriblement hâte de le lire: The Genesis of Misery par Neon Wang, et ça raconte apparemment l'histoire de Misery Nomaki, qui iel entend des voix et jure qu'iel n'est pas l'élu·e. Au final, iel se retrouverait quand même à la tête d'une révolte spatiale de type croisade sainte parce que personne ne l'écoute jamais quand iel dit non. Donc comme visiblement il risque d'y avoir des cristaux psychiques et une guerre civile interstellaire, je me suis dit: j'ai aimé Dune, j'aimerais ce Dune Drag Race.

Sur ce, on se retrouve un peu plus tard pour de nouvelles aventures, j'ai le clebard à aller promener (elle vient de se réveiller) (et elle me regarde avec cet air menaçant "c'est un nouveau tapis?" qui en dit long)(j'aime mon nouveau tapis).

like a version


Dolly Parton est morte. Tim Curry est mort. Yayoi Kusama est morte. J'ai repris le travail avant-hier. Personne ne m'a demandé si j'étais prête. J'ai mangé une boîte entière de ptasie mleczko devant la saison Red Tide d'American Horror Story. Je crois aussi avoir croisé Hayao Miyazaki rue de Rennes. On s'est arrêtés. On s'est regardés. Il m'a souri comme si j'étais un second rôle dans un de ses films. J'ai vu Louis Garrel dans la foulée. Ça n'a rien d'étonnant, je le croise tellement souvent que je suis intimement convaincue qu'il me suit depuis mon arrivée à Paris. J'ai vu La Fin d'Oak Street. J'ai hâte de voir l'adaptation d'East of Eden, et un peu peur aussi, parce que les bons livres survivent rarement au format. J'aime beaucoup le nouveau titre de Jennie, Fallen Angel. Je l'ai mis en boucle sans me demander pourquoi. Je n'ai toujours pas écrit ma liste de courses. J'ai envie de me refaire une frange comme Tove Lo quand elle a repris Good 4 U d'Olivia Rodrigo, cette frange-là précisément, celle qui dit "je viens de traverser quelque chose et j'ai décidé que ça se verrait".

Ça fait beaucoup, pour une note de vendredi.

ça coûte cher d'avoir l'air cheap


Il fallait beaucoup d'argent, disait-elle, pour avoir l'air aussi cheap qu'elle. La phrase a fait le tour du monde. Tout le monde l'a comprise. Presque personne ne l'a vraiment entendue. On l'a prise pour une punchline d'autodérision, la blonde qui se moque d'elle-même avant qu'on ne s'en charge à sa place. C'était une phrase d'économiste.

Le corps de Dolly Parton n'a jamais été un accident. Perruques platine montées comme des architectures. Taille corsetée jusqu'à l'invraisemblance. Silicone assumé, strass jusque sur les guitares. Rien là-dedans n'appartient au hasard, ni à l'insécurité. C'est une fabrication, au sens littéral. Quelque chose qu'on construit, pièce par pièce, avec une intention. Elle a raconté avoir modelé très jeune son image sur celle de la femme du coin qu'on traitait de traînée dans sa communauté des Great Smoky Mountains. Pas une actrice, pas un magazine, une femme réelle et méprisée dont l'excès lui semblait être la version la plus glamour de la féminité disponible autour d'elle. Elle a pris ce mépris et l'a agrandi jusqu'à en faire une esthétique planétaire. Ça, chez la plupart des gens, s'appelle du camp, à condition de le faire à distance, avec un clin d'œil. Chez elle, il n'y a jamais eu de distance. C'était sérieux. Entretenu. Professionnel. Un métier à plein temps. Rendre visible, exagérée, indiscutable, une féminité de classe populaire que le bon goût préfère généralement invisibiliser.

On regarde les seins, les cils, le platine. On ne regarde presque jamais les mains. Celles qui ont écrit plusieurs milliers de chansons, ni le calcul très froid derrière chaque apparition publique. Elle a construit une persona si excessive, si évidemment fabriquée, que personne n'a jamais vraiment cherché ce qu'il y avait dessous. Une ruse d'une efficacité rare: se rendre hyper-visible pour devenir illisible. La bimbo protège la stratège. Le cheap protège le capital.

Parce qu'il y a un capital. Et un empire construit dessus. Peu d'artistes de sa génération ont gardé un contrôle aussi total sur leur propre production. L'histoire fondatrice, on la raconte souvent, on ne la prend presque jamais au sérieux pour ce qu'elle dit vraiment. Celle d'I Will Always Love You. Quand l'entourage d'Elvis Presley lui fait comprendre qu'il faut céder la moitié des droits d'édition pour qu'il l'enregistre, elle refuse. Pas par fierté d'autrice. Ou pas seulement. Par calcul. Elle sait exactement ce que vaut une chanson qu'elle a écrite seule, un soir, pour dire au revoir à un partenaire professionnel. Des années plus tard, la version de Whitney Houston fait de ce refus une des décisions les plus rentables de l'histoire de la musique. On raconte souvent l'épisode comme une anecdote touchante sur l'intégrité artistique. C'est surtout la preuve qu'elle a toujours su ce qu'elle possédait, et qu'elle n'a jamais laissé personne, pas Elvis, pas son management, pas l'industrie du disque de Nashville dans les années soixante-dix, pas franchement encline à laisser une femme garder la main sur son propre catalogue, le lui prendre.

Cette maîtrise économique s'est doublée d'une maîtrise politique d'une prudence presque chirurgicale. Dolly Parton n'a jamais dit pour qui elle votait. Jamais. Dans un pays où la moindre prise de parole publique se lit immédiatement à travers une grille partisane, dans un genre musical, la country, historiquement codé conservateur, elle a fait de son silence une règle en soi. Elle a souvent insisté. Pas d'étiquette, pas de camp, indépendante. On peut y voir de la lâcheté commerciale, l'art de ne fâcher personne pour vendre à tout le monde. On peut aussi y voir autre chose. La manière dont ce flou soigneusement entretenu lui a permis de faire, dans les faits, des choses très situées. Financer la recherche vaccinale de Vanderbilt en pleine pandémie, sans en tirer la moindre com politique. Écrire Rainbowland avec sa filleule Miley Cyrus, chanson explicitement queer-friendly, tout en continuant de vendre des billets à Dollywood à un public du Tennessee profond, largement conservateur. Refuser, en 2021, qu'une statue d'elle soit érigée devant le Capitole de l'État, au motif que, « compte tenu de tout ce qui se passe dans le monde », ce n'était pas le moment de la mettre sur un piédestal (en précisant qu'elle pourrait très bien être fière d'une telle statue des années plus tard, ou après sa mort, si les Tennessiens le souhaitaient toujours). Ce n'était pas de la neutralité. C'était une stratégie d'infiltration par le charme. Elle a fini icône queer assumée sans jamais avoir eu à prononcer le mot en meeting.

Et puis il y a l'éducation. Là, elle a fait plus, à l'échelle, que la plupart des politiques publiques dont on discute pendant des heures sans jamais les voter. L'Imagination Library, lancée dans les années quatre-vingt-dix en mémoire de son père illettré, envoie chaque mois un livre gratuit à des millions d'enfants, de la naissance à cinq ans, dans plusieurs pays. Pas une fondation-vitrine. Pas un gala annuel, chèque géant, photo de la star. Une logistique réelle, continue, pensée pour durer au-delà d'elle. Ce qui reste peut-être la définition la plus honnête de la générosité: celle qui ne dépend pas de la présence de celle qui l'a initiée.

C'est là, je crois, que se loge une éthique de la richesse assez singulière chez elle. Une fortune considérable, amassée sans jamais la performer comme un trophée. Pas de yacht revendiqué comme identité, pas de flexing calculé pour la presse people. L'argent, chez Dolly Parton, a toujours semblé avoir une direction plutôt qu'une forme. Vers Dollywood, qui a profondément transformé l'économie touristique de sa région natale. Vers les livres envoyés aux enfants. Vers l'économie locale, plutôt que vers la fuite vers de plus beaux codes postaux. Elle a décliné, à plusieurs reprises, la Médaille présidentielle de la Liberté (deux fois sous Trump, une fois sous Biden). Les deux premières, elle a invoqué un mari malade, puis le Covid. La troisième, elle a craint que le geste soit lu comme une prise de position politique. Une richesse qui construit plutôt qu'elle n'expose. Qui redistribue plutôt qu'elle n'accumule pour le seul plaisir du chiffre. On pourrait appeler ça de la philanthropie stratégique, un habile vernis progressiste posé sur une fortune bâtie, par ailleurs, sur les mécanismes très classiques du capitalisme culturel américain. Et ce serait sans doute en partie vrai. Mais cinquante ans de cohérence, l'absence quasi totale de scandale financier ou de fondation-écran, la logistique réelle derrière chaque promesse. A un moment, ça finit par ressembler à autre chose qu'un calcul d'image.

Le personnage qu'elle a construit, la blonde généreuse et un peu bête, toute en paillettes et en rires trop forts, est devenu l'une des couvertures les plus efficaces de l'histoire du divertissement américain. Elle a caché derrière lui l'une des femmes les plus méthodiques de son industrie. Une autrice qui écrit, dans la même décennie, un hymne au travail précaire des employées de bureau, 9 to 5, l'un des textes les plus francs jamais écrits sur l'exploitation salariale ordinaire, celle des femmes qui tapent, classent, servent le café sans jamais monter dans la hiérarchie, et une chanson d'amour devenue l'un des plus gros succès commerciaux de tous les temps. Une femme d'affaires qui construit un parc d'attractions, deux hôtels, plusieurs restaurants, dans une région que personne ne pariait comme destination touristique. Une stratège politique qui n'a jamais eu besoin d'un parti pour peser sur les représentations.

Le cheap, chez elle, n'a donc jamais été une esthétique par défaut, une absence de moyens qui se serait imposée à elle. C'était un choix. Entretenu à grands frais, littéralement. Coiffeurs, couturiers, chirurgiens, stylistes, des décennies de travail continu pour maintenir intacte une apparence volontairement lue comme facile, gratuite, sans valeur. Le paradoxe tenait tout entier dans cette phrase qu'elle répétait en interview comme une blague, et qu'on aurait dû prendre pour ce qu'elle était: une déclaration de méthode. Ça coûte cher d'avoir l'air cheap. Il fallait l'entendre à la lettre.

interlude [KATY ROSE]

Oui, cette femme me manque.






grandma cried when I pierced my nose

 

Beaucoup de légèreté ce matin. L'impression d'avoir purgé un truc cette nuit, dans un rêve qui m'aurait coûté une blinde en explication de texte chez mon psy. J'ai écouté Maggie Rogers et MUNA en prenant mon petit déjeuner avant de lancer l'épisode de Tom Holland chez Amy Poehler (mon format préféré de podcast, je me répète, mais il n'y a rien de mieux qu'une interview qui sent le chill plus que la promo) (sauf la pub pour Palmolive au tout début) (sérieusement, si c'est pas une raison suffisante pour repenser le capitalisme et les financements des objets de divertissement). 

Valise à préparer, retour à Paris demain, ce qui me laisse un goût plutôt égal. Enfin non, pas égal. Un goût accepté. Après, je pense aussi que je suis très contente de retrouver mon canapé qui m'a coûté une blinde. Ce n'est pas que je n'aime plus Paris, mais je n'ai plus ce sparkle à chaque fois que je passe à côté d'un joli immeuble. Je voudrais bien retrouver ça, mon amour de la grande ville (disons les choses, le cottagecore n'est agréable que dans le Devonshire). 

you're the reason I now read both my horoscope and the terms and conditions


J'ai toujours voulu un cheval. Pas pour le monter, hein, même si j'ai fait de l'équitation pendant quelques années et que je sais techniquement dans quel sens on met une selle. Non, juste pour l'idée de me balader dans la rue avec, comme si je promenais un chihuahua, sauf que le chihuahua fait 600 kilos et qu'il faut fermer la boulangerie le temps qu'il passe devant. J'ai eu cette idée à quatre ans, à un âge où les autres enfants voulaient être princesse ou pompier, et moi je voulais déjà gérer un animal de la taille d'une voiture en centre-ville, donc ne venez pas me parler de logistique, les gens qui parlent de logistique ne sont jamais invités aux bonnes fêtes. Et de toute façon Kat Dennings dans 2 Broke Girls a prouvé que c'était jouable à Williamsburg, donc le débat est clos, on passe à autre chose.

J'ai décidé de rouvrir mon carnet à idées, celui où je laisse traîner tous les sujets que j'aimerais traiter un jour, façon cimetière d'éléphants mais pour mes pensées les plus stupides. C'est drôle, parce que je me suis rendu compte qu'il y en avait plusieurs que j'avais déjà rayés, ce qui veut dire que j'ai eu, à un moment de ma vie, assez de rigueur pour trier des idées, information qui m'a moi-même beaucoup surprise. Ça méritait un croissant avec un chocolat chaud, donc j'ai mangé un croissant avec un chocolat chaud (non, vraiment, on est le 22 août, j'ai décrété la fin de l'été unilatéralement et personne n'a le droit de contester). Je suis aussi retombée sur ce creative thinking journal acheté chez Flying Tiger, dans un pur élan d'optimisme de vacances, que je comptais remplir religieusement pendant mes congés et qui est resté vierge comme au premier jour, parce que c'était soit ça, soit je ne terminais jamais le site ni le podcast (oui, il est fini, laissez-moi juste rassembler le peu de force qu'il me reste pour assumer d'entendre ma propre voix, ce qui reste, de tout ce que j'ai vécu cette année, l'exercice le plus traumatisant). Je me demande si je ne ferais pas une update de temps en temps ici de ce que je raconte dans ce journal, histoire qu'on rigole un peu ensemble (par exemple : qu'est-ce que je ferais pendant une journée si j'étais invisible, question à laquelle j'ai déjà, évidemment, une réponse bien trop détaillée). J'ai ÉNORMÉMENT d'idées, dans le sens où j'ai un carnet plein de titres sans un seul paragraphe derrière, ce qui techniquement ne compte pas comme des idées mais plutôt comme des promesses que je me fais à moi-même et que je ne tiens jamais.

Sur ce, je vous laisse, j'ai des écoutes en retard de Snack Wars, et contrairement au journal Flying Tiger, ça, au moins, je le termine toujours.

bookstore

 

Premier jour de règles, orage dehors, moi sous un plaid. La météo et mon utérus s'étaient visiblement passé le mot. J'ai mangé une tarte pomme de terre-feta comme si elle allait me sauver, bu une tisane de thym par pur réflexe de grand-mère intérieure, et enchaîné Beignets de tomates vertes puis Le patchwork de la vie, mon film d'automne officiel. Septembre sans courtepointe, c'est un peu comme Noël sans engueulade familiale. Théoriquement possible, mais on n'y croit pas vraiment.

Je voulais aussi vous dire merci pour tout ce qui a tourné autour du Bad Girls Book Club ces derniers temps. Les retours, les liens depuis vos blogs, les partages. Ce projet a en fait dix ans, il a d'abord existé sur Canalblog, plateforme qui a fini par tout saborder sans prévenir personne, et la vie s'est chargée du reste pendant un moment. Il a fini en pause, un peu comme ces séries qu'on dit vouloir reprendre "un jour". Mais ce détour forcé m'a surtout donné le temps d'y repenser sans la pression, et de lui reconstruire une colonne vertébrale un peu différente. Wait and see.

[moodboard] monthly inspiration: september - work edition






all the bad decisions we made in leather pants


Bon. Les news s'empilent dans un coin de mon cerveau comme du linge sale, et je culpabilise un peu de ne jamais vous en parler vraiment. Genre : je suis allée voir le nouveau Araki, et c'est ce matin, devant mes tartines de cottage cheese, que j'ai réalisé que je ne vous avais toujours rien dit. Dramatique. Le monde entier retient son souffle pour savoir ce que j'ai pensé d'un film sorti il y a un mois. Toutes mes excuses à la communauté internationale, je sais que vous avez souffert.

Bon bah écoutez, c'était très bien. Oui, un mois de retard, mais sincère, la review. Ça valait le coup d'attendre, tenez-vous bien. Plus sérieusement. Araki n'a plus rien à prouver à personne, et pourtant le voilà qui retrouve un peu son goût pour le sexe et les personnages complètement cramés. Bonne nouvelle pour un mec dont le cinéma entier tient dans la question «et si ces gens allaient encore un peu plus mal?». Les critiques, elles, sont divisées façon bataille de polochons. Certains trouvent ça trop sage, d'autres sont ravis qu'Araki revienne foutre le bordel dans le cinéma contemporain. Moi j'ai passé un super moment, ce qui est probablement la seule info qui compte dans ce paragraphe, gardez ça.


Et Olivia Wilde? Formidable, on va pas y aller par quatre chemins. Même Florence Pugh a dû l'admettre, ce qui est ma façon très subtile de faire vivre encore un peu le beef de la promo de Don't Worry Darling dans un texte qui, à la base, parle d'autre chose. J'y pense au moins une fois par jour, ce qui est beaucoup trop pour un événement qui n'a aucune, mais alors aucune incidence sur ma vie. Faut bien un hobby.


Sinon la rentrée arrive, donc forcément, sorties de livres. J'en mets trois de côté parce que j'essaie d'être raisonnable et de finir ceux qui attendent déjà (oui, j'ai décidé de devenir quelqu'un qui termine ses livres). Pour l'instant je suis surtout quelqu'un qui a pris une décision. C'est un début. Le triptyque en question, chez Le Gospel Éditions. Les Quelques unes d'Amélie Hamad, Châteaux de cartes de Marie Delta, et Déchirer le brouillard de Pauline Le Gall. J'en reparlerai sûrement sur le Bad Girls Book Club, mais autant vous le dire tout de suite: commandez-les les yeux fermés. Sauf celui de Pauline Le Gall, pas encore, il faudra patienter un peu, visiblement.

Et sinon je suis en train de quitter mentalement l'ambiance août pour basculer direct en mode septembre. Aucune idée du moment exact où c'est arrivé. Y'a quatre jours j'étais encore en terrasse imaginaire, verre à la main, et là d'un coup j'ai envie de pizza, de plaid et de pluie. Peut-être parce qu'il pleut depuis trois jours, cela dit. J'aime la pluie et l'humidité, venez me faire un procès si ça vous chante.

J'ai aussi repris Interview with the Vampire en cours de route, parce que les meilleures adaptations de vampires sont celles avec des concerts de rock et des pantalons de cuir. Règle que je viens d'inventer à l'instant mais qui me semble solide comme du béton. Je veux des vampires qui traînent des problèmes de famille depuis trois siècles, des gens qui regardent par la fenêtre avec une intensité complètement disproportionnée, et une bande-son qui donne envie de prendre de très mauvaises décisions.



Par contre, niveau albums, service minimum. À part le disque de James Ellis Ford, Lost In Another World, enregistré pendant sa chimio. Il y a des albums qu'on résume direct à leur contexte, et celui-là pourrait vite devenir «le disque de la chimio», ce qui serait vrai et complètement réducteur en même temps. Donc je vais juste dire qu'il est très beau et qu'il mérite d'être écouté sans sortir le dossier médical à chaque fois qu'on appuie sur play. J'ajoute le nouveau Phoebe Bridgers, Lost Weekend, sorti après six ans d'attente, qui parle évidemment de deuil, d'amour, de rupture, et de cette période charmante où tout change en même temps. Elle est plus calme là-dedans, plus étrange, parfois franchement drôle, avec ce truc très Bridgers de raconter des trucs atroces comme si c'était juste une anecdote un peu gênante du dimanche.

Bref. Pour cette rentrée qui n'en est pas encore vraiment une, entre la pluie, les pizzas, les vampires en pantalon de cuir et mes tartines de cottage cheese, j'ai au moins une bande-son. C'est déjà pas mal.


music music music (again)

Pourquoi faire de longues notes quand on peut juste regarder des vidéos sur Youtube? (Mention spéciale pour Troye Sivan qui nous offre l'hymne girlhood par excellence sur fond d'un Beck version 90s) (I feel seen).

 



hope you'd like it

 

Ça y est, j'ai accouché. Félicitations, c'est un site internet. Lion ascendant sagittaire. Beaucoup d'ambition, zéro notion du temps qui passe. Ça faisait plus d'un an que j'avais cette idée en tête sans véritablement mettre le temps nécessaire pour faire en sorte que ça avance plus vite. Après, c'est mon plus gros problème, j'aime bien apprendre mais pas forcément passer l'obstacle de faire pour de vrai. Maintenant, je fais avec et j'accepte: je suis lente, c'est tout. Et je continuerai de l'être. Donc oui, The Bad Girls Book Club sera mis régulièrement à jour, mais de manière très espacée. Surtout parce que j'ai prévu beaucoup (genre beaucoup) de choses autour, et que ces choses-là, spoiler alert, ça prend du temps (surtout quand on est toute seule et avec un CDI plutôt prenant).