the sex has made me stupid


Quand je mate un film, il y a des scènes de sexe que j'aime bien. C'est con à dire, mais c'est généralement celles où t'as l'impression que l'homme sait ce qu'il fait. Ou plutôt, parce que je sais qu'il sait. Tu vois, je regardais La Chronique des Bridgerton, la saison 2, et il y a ce moment où le gars qui joue le rôle d'Anthony, chorégraphie l'enchainement avec l'intensité qu'exige la situation. Celui où il faut descendre. Où il faut regarder. Là où il n'y a pas de questionnements. L'autre sauvageonne, dans Games of Throne, qui demande pourquoi Jon Snow a eu l'idée de la lécher. "Je sais pas, j'en avais envie". Instinctif, trivial, même au fin fond d'une grotte à moins 40. Question de mental. On est sur ce registre. Cohérent dans le désir et l'action.

Y a peu, j'ai vu le tiktok d'une nana, le regard désespéré devant la caméra, présentant un bouquin de cul à l'attention des hommes. Le truc qui tient en trois minutes "si vous voulez nous faire jouir, c'est là-dedans, libre d'accès, même pas besoin d'acheter le livre". Et pourtant, ça coince, ça continue de frotter comme si ça cherchait le secret du feu. Vagin et bite n'ont rien à avoir avec deux silex, vraiment, lâchez l'affaire. 

Ca fait rire et en même temps, c'est assez dramatique, quand on y pense. Comme disait ma pote "pourtant, c'est si simple de nous claquer dans une cage d'escalier en nous foutant deux doigts dans la chatte avec un concert philarmonique reprenant du Olivia Rodrigo en bande son". C'est pas faux, mais encore faut il être sur le même tempo.

En vérité, je m'en fous des romans à l'eau de rose, mais je comprends la démarche. Je comprends l'idée du fantasme. Mais là où je perds pied, c'est quand je me rends compte que c'est juste une question de minimum syndical. Pas cucul, pas niais, pas trop féminin. Juste une baise digne de ce nom. Une sorte de manuel d'instruction, parfois, pour faire jouir. Pas métaphoriquement. Littéralement. C'est écrit là, noir sur blanc, dans des scènes tellement explicites qu'on se demande comment ils ne peuvent pas y arriver. En quoi c'est si mal d'être dans sa slut era à la manière des frères Bridgerton, vraiment?

Ces personnages là, ce qu'ils regardent, c'est même pas l'héroïne comme si elle était la seule personne dans la pièce. Comme si ses mots comptaient. Comme si son plaisir était plus important que leur ego. C'est juste qu'ils écoutent. Ils attendent. Ils se retiennent. Ils ont pourtant cette immaturité, ces traumas, mais qui ne les empêchent pas. Parce que l'enjeu est ailleurs. L'enjeu, c'est seulement d'exprimer, de retranscrire avec le corps ce qu'ils éprouvent. Comme une empreinte, chacun sa manière de se laisser porter.  Ils ne confondent pas violence et passion, possession et désir, domination et compétence sexuelle.

Et puis parfois, ce sont juste des Colin qui veulent être la pute de leur meuf.

Après, personne empêche personne de vouloir se fourrer dans la performance mécanique de trois positions acrobatique vues dans un porno. Je jette pas la pierre, y a des trucs drôles à faire. A l'inverse, y a aussi de la romance à la con, des attentes irréelles. Du porno de nanas fait par des femmes, pour des femmes et qui ont plus des allures de contes de fées avec un peu de foutre qui doit pas trop dépasser du cadre. Mais croire que le coup de jus n'est qu'une histoire de corps ou seulement et seulement cérébral, c'est ne rien comprendre au sexe. 

Je veux pas faire ma féministe à deux balles (si), mais bordel, arrêtez juste avec la virilité toxique. Vraiment. Le mec qui baise fort, qui baise vite, qui prend ce qu'il y a à prendre et qui se barre. Le mec qui confond son sexe avec un marteau-piqueur et l'orgasme féminin avec un distributeur automatique: tu mets la pièce, tu attends trois minutes, ça sort tout seul. Et après ça fait les choqués. On est des salopes. On est des hystériques. Surpris qu'on simule. Surpris qu'on se fasse chier. Surpris qu'on finisse le boulot toutes seules. Surpris qu'on devienne lesbiennes. Surpris qu'on applaudissent pas les performances de merde.

Est-ce qu'il y a au moins une personne qui a écrit un putain de livre pour répondre à la question, d'une connerie abyssale: pourquoi s'accrocher à une sexualité qui ne fonctionne pas? Alors on me dira "mais Stenia, bas besoin, c'est parce qu'ils ne baisent pas pour nous. Ils baisent pour leurs potes. Pour la performance qu'ils vont raconter au vestiaire. Peut-être pour un peu l'exciter, tu sais, l'alpha de la bande. Celui qui a la thune et l'emmène en voyage. Pour se prouver à eux-mêmes qu'ils sont des vrais hommes, des bons coups, des conquérants. Parce qu'il faut mieux être la pute de son pote que de sa meuf".

Ces personnages masculins, ces archétypes, disent pourtant des trucs très simples. Que ça cherche de la présence, du moment. Que le désir demande du temps, de l'intelligence, un cerveau allumé. Peut-être qu'on finira par avancer collectivement le jour où on comprendra que ça n'a rien d'humiliant, d'aller demander, ou au moins, d'aller lire un truc validé par la nana, si vous vous sentez pas à l'aise de parler de ça franco (par contre, si vous estimez que Claude Frollo dans le Bossu de Notre-Dame avait pas tort de vouloir cramer Esmeralda parce qu'elle l'a détourné de Dieu et lui a fait ressentir des trucs bizarres dans le calbut, prenez plutôt rendez-vous).

Alors je pose la question: pourquoi préférer la validation du vestiaire au plaisir réel? Parce qu'au final, c'est bien ça le problème, non? Autrement dit: vous voulez faire mouiller vos meufs ou faire bander vos potes?

Vous avez quatre heures.

on the road to somewhere take our time

 

Deux jours d'affilée avec grand soleil. Autant vous dire que j'ai un sourire bright collé sur la gueule depuis 48h. Déjà parce que ça m'a permis d'aller bouffer chez les potes (chose que je repoussais depuis mille ans) et surtout, ça m'a redonné le goût à faire des trucs du genre regarder le ciel en écoutant Jessie Ware, Goldfrapp et Robots in Disguise. J'ai aussi acheté ce Gala avec en une JFK Jr et Carolyn Bessette pour accompagner mon coffee latte (j'ai décidé de me mettre au café cette année, enfin déca le café, j'ai toujours pas sauté le pas de l'adultat, queenager 4 life).

J'en ai profité aussi pour lancer la série Industry histoire d'avoir un bruit de fond pour terminer mon tricot en cours. Plutôt pas mal. Après, je reste une femme simple. Si vous me mettez Kit Harrington quelque part, je vous signe n'importe quoi. Mais j'aime bien ces personnages qui se croient brillants et affamés de réussite sans véritablement savoir pourquoi. La peur de l'échec qui drive. Je sais pas. Pourquoi pas juste faire du jardinage. Ca me conforte dans l'idée que l'ambition, c'est vraiment un truc de psychopathe. Je sais pas si j'irai jusqu'à la saison 4 mais pour le moment, ça fait le taf.



Y a aussi ce livre que j'ai plutôt bien aimé, Cleopatra and Frankenstein, de Coco Mellors (qui est en train de devenir mon écrivaine chouchoute pour 2026). Je l’ai attrapé sans trop réfléchir, quand t’es de bonne humeur, qu’il fait beau, que tu te crois stable, et que t’as l’impression que plus rien ne peut vraiment t’atteindre. 

Au final, c'est qui qui m'a chopé.

C’est une histoire d’amour à New York, mais pas celle qui te donne envie d’y croire. Plutôt celle qui te rappelle pourquoi tu t’es déjà laissée embarquer dans une relation en pensant que l’amour allait faire le boulot de fond. Cleo est artiste, fauchée, anglaise, un peu trop ouverte au monde. Frank, lui, il est plus âgé, installé, rassurant. Il a une vie qui tient, un cadre, de l’argent, des certitudes. Le genre de mec qui te fait croire que si tu te colles à lui, tout va se mettre en place par ricochet.

Ils se marient vite. Trop vite. Comme on s’accroche à quelque chose de solide quand on doute encore de soi. Et forcément, ça commence à grincer. Pas dans le grand drame. Dans le détail. Dans ce moment très précis où tu réalises que tu fais un pas de côté pour que l’autre soit bien. Puis deux. Puis que tu t’installes là-dedans sans t’en rendre compte.

La disparition douce. Personne ne force. Personne ne crie. Tu t’effaces toute seule, à coups de compréhension, de patience, de maturité. Jusqu’à ce que tu te réveilles un matin avec cette pensée pas très élégante mais très claire: ok, là, je suis en train de me perdre.

Ça m’a parlé parce que je connais cet endroit. Pas forcément cette histoire-là, mais ce mécanisme. Cette confusion entre être adulte et encaisser. Entre aimer et se taire. Et ce moment où tu comprends que non, être adulte, ce n’est pas porter l’immaturité des autres pour que la relation survive.

don't be ridiculous andrea everybody wants this


Je me sens fatiguée. Pas d'une fatigue qui se règle avec une bonne nuit de sommeil. Plutôt celle qui s'installe quand on réalise qu'on a passé trop de temps à essayer de croire à quelque chose qui ne fonctionne pas tout à fait comme promis. J'aurais aimé que ce soit différent. J'aurais vraiment aimé.

Il y a des idées auxquelles on veut croire, presque par nécessité. Parce qu'elles portent un espoir de refuge, de protection collective, d'évidence partagée. Mais parfois, à force de les répéter, elles deviennent des formules creuses. Des slogans bien emballés qui circulent sans qu'on ose vraiment les regarder de près.

Girls support girls.

À chaque fois que je l'entends, j'ai l'impression qu'on me demande de rentrer dans le rang avec le sourire, d'approuver avant de réfléchir, d'adhérer avant de ressentir. Comme si douter était déjà une faute. Comme si ne pas soutenir, sans condition, faisait automatiquement de moi le problème.

Parce qu'en vrai, et personne n'a envie de l'admettre, les femmes peuvent être dures entre elles. Pas bruyamment. Pas de manière spectaculaire. Mais avec une précision qui laisse peu de traces et beaucoup de dégâts. J'ai appris ça sans théorie, juste en observant les micro-glissements. Un regard qui ne s'arrête plus, une voix qui se refroidit, une place qui n'est plus tout à fait la tienne. Rien de suffisamment clair pour être nommé, tout suffisamment net pour être ressenti. Ce genre de violence qui te laisse seule avec ton intuition et l'impression désagréable d'exagérer.

Alors quand on me parle de soutien entre femmes, je me demande toujours de qui on parle. De celles qui t'encerclent quand tu vas bien, ou de celles qui disparaissent quand tu vacilles? De celles qui te regardent comme une alliée, ou de celles qui te scannent comme une menace potentielle? J'ai eu des amitiés féminines précieuses, profondes, nécessaires. Mais elles tenaient à des affinités réelles, à une confiance construite, à des conversations qui ne demandaient pas de masque. Elles n'avaient rien d'idéologique. Le reste, c'était du décor. Une solidarité de surface, fragile, conditionnelle.

Ce slogan, au fond, m'a surtout appris une chose: penser par soi-même fatigue les gens. Si tu critiques une femme, tu es dure. Si tu refuses de la défendre, tu es suspecte. Si tu ne t'alignes pas immédiatement, on te demande pour qui tu roules. Comme si tout était camp contre camp. Comme si la nuance était une trahison. J'ai souvent eu le sentiment qu'on attendait moins de moi une solidarité réelle qu'une docilité bien présentée.

Ce qui me lasse aussi, c'est cette idée que les femmes devraient être protégées de la contradiction, comme si elles ne pouvaient pas encaisser un désaccord sans s'effondrer. Comme si dire je ne suis pas d'accord était une forme de violence. Comme si reconnaître qu'une femme nous a fait du mal revenait à attaquer l'ensemble du groupe. À force de vouloir maintenir une façade de bienveillance collective, on finit par nier ce qui se passe réellement dans les relations.

Je crois que ce que je ressens aujourd'hui tient moins de la colère que de l'usure. Cette sensation d'être constamment en train de mesurer ses mots, de lisser ses phrases, d'ajuster son ton pour ne pas être mal interprétée. Je n'ai plus envie d'être une femme exemplaire, ni une femme problématique. Je n'ai plus envie d'être un symbole, ni une caution. J'aimerais juste pouvoir dire: cette relation m'a abîmée, cette femme m'a fait du mal, cette situation était injuste, sans qu'on m'explique que je mets la sororité en danger.

Peut-être que le problème n'a jamais été l'idée de se soutenir, mais l'obligation de le faire, coûte que coûte. Le soutien comme posture, comme badge moral, comme preuve d'appartenance. Quelque chose qui tolère mal la fatigue, le retrait, la déception. Parce qu'à un moment, il faut accepter que toutes les femmes ne seront pas nos alliées, ni nos amies, ni nos refuges. Et ce n'est pas une trahison. C'est juste une réalité, souvent décevante, parfois douloureuse.

Aujourd'hui, ce que je cherche est plus modeste et plus exigeant à la fois: des relations franches, imparfaites, parfois inconfortables, mais vraies. Et le droit de dire quand ça fait mal, sans devoir m'excuser de troubler l'image.

it's ok i'm ok

 

J'ai totalement conscience d'être à contre courant sur ce coup mais je n'ai pas vu ce mois de janvier passer. Peut-être parce que je suis nulle part et carrément partout et que quelque part, ça bouffe beaucoup de temps cette connerie. 

floating down confidence river

 

Quand la journée a été longue, je sais que je peux compter sur un titre de Suki Waterhouse. 

Ca et une série anglaise sur des zombies. 

Regardez In The Flesh. Et écoutez Memoir Of A Sparklemuffin.

my lover's gone, his boots no longer by my door


[carnet de voyage :: 10 décembre 2008]

Dernier soir à Londres. Décembre. Il a neigé un peu, juste assez pour te rappeler que tes os sont en location permanente pour le froid. Soho. Pubs. Trois pintes. Ensuite un bistro. On rit trop, on parle trop, on finit par embrasser quelqu’un comme si on avait attendu des siècles pour ça. Et puis, bam, un bus rouge percute un autre bus rouge. Personne n’est blessé, évidemment, mais moi, coincée entre la vitre et lui, je me rends compte que Londres aime te surprendre quand tu crois maîtriser quelque chose. Winter sick, tu sais. Le romantisme fait froid.

Le vol vers le sud te change la perception du monde. Somewhere devient Nowhere, Nowhere devient Somewhere. Partout devient un peu nulle part. Et puis l’Australie. Le soleil qui te frappe en pleine figure et te fait pleurer comme une idiote parce que tu viens de laisser derrière toi une ville qui n’a jamais été chaude. Londres transforme la chaleur en mythe. Le temps et le lieu se mélangent, tout devient légende dans ta tête.

Je suis ici pour écrire. Pas pour le tourisme. Pour écrire, il faut de la distance. Le froid de Londres me rend incapable de penser. Ici, je m’étale sur l’herbe, sur un vieux banc, sous un gum tree, avec un laptop qui chauffe plus vite que moi et des mouches qui me jugent. Le soleil fait moitié du boulot. Les oiseaux, les insectes, la chaleur, tout rythme mes phrases. Écrire devient un rite. La distance transforme la mémoire en portail. Chaque rivière, chaque buisson, chaque bruit devient un fragment que je peux trafiquer jusqu’à ce qu’il devienne réel sous mes doigts.

I started saying no and accidentally saved myself a lot of time


J’y peux rien, j’aime le non.

Vraiment. Le non franc. Le non qui arrive sec. Celui qui ne fait pas semblant de réfléchir pendant trois jours pour finir par dire oui quand même. J’aime le non parce que j’aime quand les choses sont claires, nettes, respirables. Et surtout parce que j’aime être seule. Pas seule triste, pas seule abandonnée, seule bien. Seule calme. Seule qui pense droit.

Le oui, lui, a une fâcheuse tendance à m’embarquer dans des boucles. Des boucles d’agendas, de discussions interminables, de trucs prévus trop à l’avance, trop expliqués, trop commentés. On dit oui et soudain il faut confirmer, relancer, préciser, s’adapter. Le oui n’est jamais seul. Il arrive avec des annexes. Des attentes. Des suites. Et moi, très vite, ça me fait chier.

Je sais presque toujours tout de suite. Pas avec la tête, avec le corps. Il y a un léger recul intérieur, une micro-lassitude immédiate. Un "oh non" silencieux qui arrive avant toute phrase polie. Et pourtant, longtemps, j’ai négocié avec moi-même. Je me suis dit que ce serait rapide, que ce serait bien de faire un effort, que ça ne me coûterait rien. Spoiler: ça coûte toujours quelque chose. Pas forcément beaucoup, mais assez pour que je me contorsionne avec mes démons.

Le problème avec le oui, c'est pas tant qu’il est mauvais. C’est qu’il est envahissant. Il s’installe. Il prend la place. Il transforme une journée simple en journée pleine. Et les journées pleines, j'évite. Trop de bruit. Trop de circulation. Trop d’énergie dépensée pour maintenir une version sociale de moi-même alors que je me porte très bien sans.

Dire non, ce n'est pas refuser les autres. C’est me choisir moi dans mon état naturel. C’est préserver ce truc rare et sous-estimé: la continuité intérieure. Ne pas être coupée toutes les deux heures par une obligation que je n’ai même pas désirée. Ne pas finir par en vouloir aux gens alors que le problème, c’est juste que je n’ai pas su dire stop au bon moment.

Il y a des gens que le non rend nerveux. Ils posent des questions. Ils veulent des raisons. Ils cherchent une faille. Comme si le non devait être justifié, argumenté, validé par un comité. Mais je n’ai rien contre eux. J’ai juste quelque chose POUR moi. Et ça, bizarrement, ça passe mal.

Le non, pour moi, c’est de l’hygiène. Une manière d’éviter l’encombrement. Une façon de garder de la place pour les vrais oui, ceux qui ne me demandent pas d’effort, pas de rôle, pas d’adaptation permanente. Les oui que je peux dire sans soupirer intérieurement, sans regarder l’heure, sans compter les jours avant que ça se termine.

J’y peux rien, j’aime le non. Il m’évite des détours. Il m’évite des discussions. Il m’évite des versions de moi que je n’ai plus envie d’entretenir. Il me laisse tranquille. Et franchement, c’est exactement ce que je demande à la vie en ce moment.

please please please let me get what I want

 

Pour 2026, j'ai décidé que mes réseaux sociaux seraient uniquement tournés vers la culture. La preuve, j'ai rouvert mes comptes Letterboxd et Goodreads. J'ai même pas envie de penser à autre chose. Le films, les livres, et la soupe patates carottes et cheddar. Voilà, c'est aussi simple que ça.

J'ai pas foutu grand-chose ce weekend, à part zoner chez une pote que je n'avais pas vu depuis mille ans. On a eu cette révélation, depuis son divorce. On va régresser jusqu'à notre mort. On a bouffé Burger King végé mais on a un peu posé notre mélancolie sur le Happy Meal du Domac, comme à l'époque de nos anniversaires. Elle a repensé au chausson aux pommes et moi aux nuggets (bordel les nuggets), les larmes aux yeux (c'était si bien, les années 90, on repeat pour la millième fois). Elle m'a raconté qu'elle venait de perdre son taf, et accessoirement toute sa vie, mais qu'elle s'en foutait presque, et qu'elle voulait juste se barrer n'importe où on fait du développement spirituel et où ça baise des inconnus. Après, je dis rien, c'est la crise de la quarantaine qui approche. Moi, j'ai bien foutu ma vie sur pause pendant plus de six mois pour tourner tous les jours autour d'un étang en me demandant s'il était pas temps que j'arrête de me demander des trucs. Après, j'ai vu une vidéo sur un de ces réseaux sociaux de jeunes qui disait qu'on réinventait sa vie à 39 ans donc au final, on est visiblement dans le tempo.

En attendant, je vais voir Hamnet ce soir. On aura la journée pour les questions métaphysiques demain.

queen of nothing


Ce soir, j'ai bouffé des pâtes froides direct dans la casserole en scrollant des photos de brunch à 18 balles, avant de regarder The Florida Project de Sean Baker. C'est mon truc, ça, le décalage des valeurs. Ca faisait longtemps que je voulais voir ce film. C'est le seul de Baker qui me manquait.

Le truc que j'aime chez lui, c'est qu'il ne te vend pas du misérabilisme propret pour public de festival. Il filme Moonee, six ans, qui passe son été à cramer des bâtiments abandonnés et à foutre le bordel dans des motels pourris de Kissimmee, en Floride. Sa mère Halley galère à payer la chambre en vendant des faux parfums. En fond sonore: les châteaux DisneyWorld qui brillent comme une promesse de merde inaccessible.

         

Ce qui me tue, c'est que le film refuse de choisir son camp. Il ne montre pas une gosse pauvre mais courageuse ou une mère victime du système. Il suit juste des gens qui font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Moonee elle s'en bat les couilles de la précarité, elle vit avec ce qu'elle a arraché, elle invente son propre royaume avec trois bouts de ficelle et une imagination qui vaut tous les parcs d'attractions du monde.

Baker filme ça comme un conte de fées cracra, avec des couleurs flashy de carte postale et une liberté qui te file le vertige. Parce que oui, c'est beau, cette enfance qui explose dans tous les sens malgré la violence quotidienne. Et c'est justement ça qui fait mal: voir que la magie existe même là où elle ne devrait pas, juste avant que le réel te rattrape à la gorge.

J'ai tenu ma promesse aussi d'écouter un peu autre chose que de la pop. J'ai quand même relancé Joanne, de Lady Gaga, mais seulement parce que j'ai l'impression que 2016 me colle aux pompes. Vraiment, réécoutons ce disque. Mais c'était ma seule incartade avec Collins. J'ai Country Girl de Greet Death qui me tourne en boucle, aussi. J'aime bien cette chanson, elle pourrait figurer sur la soundtrack de ma vie. Syndulla, de she's green, également. On m'a dit au travail que j'avais meilleur teint. C'est l'effet du rock alternatif sur moi. 

Et See you heaven, de Softcult. Comment j'ai failli oublier Softcult.

I love her so much it hurts

 

Si jamais vous vous demandez, cette note n'a pour intérêt que de publier ces photos d'Aubrey Plaza.

my friends keep falling and they can't get up



Si vous saviez à quel point je l'attendais, ce week end. A en crever. Même pas véritablement fatiguée, juste l'envie d'aller voir une expo, bouffer dans un des ces coffee shop hors de prix et dégueulasse, apprendre à faire une choré avec Francette. Je rentre dans ma période où j'ai envie de soleil et d'été, de salades de feta, de thé glacé. J'en ai marre de l'hiver et du froid. Marre du mois de janvier. Et puis je déteste février. C'est un peu le jeudi des mois. Il sert à rien.