run for the hills
Il y a des matins qui nécessitent l'écoute accrue de Taylor Swift et de Blink 182. Ok, c'est grand écart mais vous savez ma passion pour les étirements depuis le temps. Je trouve qu'il y a une énergie un peu similaire. Un peu déconne, un peu bonne humeur. Un truc qui boost sur tous les terrains de ta personne. L'humour et l'élan. Je préfère avoir ça comme diesel maintenant plutôt que la colère. La colère, ça use, ça donne une sale peau, ça stocke les mauvaises graisses. Blink 182 (et même Sum 41 ou Bowling For Soup), c'est la white girl dance par excellence. Je peux pas l'expliquer, c'est ce que je ressens jusqu'au fin fond de mes doigts de pieds.
Ce que j'aime dans ce genre de musique, c'est qu'elle ne te demande rien. Pas d'introspection, pas de bilan, pas de regarder en face quelque chose que tu n'as pas forcément envie de regarder en face à huit heures du matin. Elle te prend juste par la main et elle dit on y va. C'est con et c'est parfait. La colère, j'ai essayé longtemps, comme carburant. Ça marche, personne va dire le contraire, ça fait avancer, ça fait même aller vite. Mais le problème de la colère comme diesel c'est que t'arrives à destination complètement cramée et avec une tête de quelqu'un qui a passé dix ans à conduire de nuit sous la pluie. Taylor Swift et Blink 182 t'amènent au même endroit mais t'as l'air d'avoir passé un bon moment.
Jolie matinée, je suis sortie tôt ce matin pour prendre un peu l'air. Il faisait froid mais j'ai fini par ne plus y prêter attention. Je me suis posée au bord du lac. J'avais amené avec moi un chai tea latte dans un thermos, ce qui représente à la fois le summum de l'organisation personnelle et l'aveu d'un deuil profond. Le grand drame de ma vie c'est que des coffee shops n'ouvrent pas à sept heures comme aux USA au lieu de se le préparer. Je fais partie de la génération des gamins qu'on ruine, laissez nous dépenser sept euros pour un truc qu'on peut faire chez soi pendant qu'on prend soin de son âme dans un parc en regardant des canards sur une étendue d'eau, merde à la fin. Après, c'est peut-être juste mon côté blondasse de Los Angeles qui parle.
Les canards au bord du lac à sept heures du matin c'est une société qui fonctionne, soit dit en passant. Personne la ramène, tout le monde vaque à ses occupations, il y a une hiérarchie claire et personne passe son temps à la remettre en question. J'ai regardé ça un bon moment en buvant mon chai et j'ai pensé que j'avais beaucoup à apprendre des canards.
Je pense de plus en plus à me refoutre en arrêt maladie. Je repense beaucoup à la sensation que j'ai éprouvée l'année dernière, à la même période. Comment ça m'a refoutu sur les rails. Pas que je quitte la route, mais j'ai un sentiment d'inachevé. Que je n'ai pas pu aller jusqu'où j'aurais dû aller. Que toutes les portes n'ont pas été totalement bien défoncées. Se poser, prendre le temps. Du temps de qualité. On ne réalise pas le luxe que c'est.
Le truc avec l'arrêt maladie c'est que dans notre tête ça reste associé à quelque chose qui va pas. Alors que des fois c'est juste reconnaître que tu as besoin d'espace pour finir ce que tu as commencé à l'intérieur. Que le chantier n'est pas terminé. Que tu as arraché du papier peint moche mais que tu n'as pas encore eu le temps de bricoler derrière. Et que si tu repars au boulot maintenant tu vas juste remettre une armoire devant le mur pour pas le voir. Moi je veux peindre le mur. Je veux même choisir la couleur cette fois.
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