queen of nothing


Ce soir, j'ai bouffé des pâtes froides direct dans la casserole en scrollant des photos de brunch à 18 balles, avant de regarder The Florida Project de Sean Baker. C'est mon truc, ça, le décalage des valeurs. Ca faisait longtemps que je voulais voir ce film. C'est le seul de Baker qui me manquait.

Le truc que j'aime chez lui, c'est qu'il ne te vend pas du misérabilisme propret pour public de festival. Il filme Moonee, six ans, qui passe son été à cramer des bâtiments abandonnés et à foutre le bordel dans des motels pourris de Kissimmee, en Floride. Sa mère Halley galère à payer la chambre en vendant des faux parfums. En fond sonore: les châteaux DisneyWorld qui brillent comme une promesse de merde inaccessible.

         

Ce qui me tue, c'est que le film refuse de choisir son camp. Il ne montre pas une gosse pauvre mais courageuse ou une mère victime du système. Il suit juste des gens qui font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Moonee elle s'en bat les couilles de la précarité, elle vit avec ce qu'elle a arraché, elle invente son propre royaume avec trois bouts de ficelle et une imagination qui vaut tous les parcs d'attractions du monde.

Baker filme ça comme un conte de fées cracra, avec des couleurs flashy de carte postale et une liberté qui te file le vertige. Parce que oui, c'est beau, cette enfance qui explose dans tous les sens malgré la violence quotidienne. Et c'est justement ça qui fait mal: voir que la magie existe même là où elle ne devrait pas, juste avant que le réel te rattrape à la gorge.

J'ai tenu ma promesse aussi d'écouter un peu autre chose que de la pop. J'ai quand même relancé Joanne, de Lady Gaga, mais seulement parce que j'ai l'impression que 2016 me colle aux pompes. Vraiment, réécoutons ce disque. Mais c'était ma seule incartade avec Collins. J'ai Country Girl de Greet Death qui me tourne en boucle, aussi. J'aime bien cette chanson, elle pourrait figurer sur la soundtrack de ma vie. Syndulla, de she's green, également. On m'a dit au travail que j'avais meilleur teint. C'est l'effet du rock alternatif sur moi. 

Et See you heaven, de Softcult. Comment j'ai failli oublier Softcult.

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