total eclipse of the heart

Kéfir citron, thé PG Tips, framboises. Voilà le triptyque qui a fait office de petit-déjeuner, déjeuner et goûter, parce qu'à un moment de la matinée j'ai arrêté de compter les repas et laissé le frigo décider à ma place.

J'ai passé les heures suivantes à comater entre ma salle de bain et mon salon, en boucle fermée, façon jeu vidéo mal optimisé où le personnage ne peut visiter que deux pièces sur toute la carte. Motif : la flemme abyssale de quitter Paris pendant la canicule. Prendre un train un jour pareil, c'est accepter de devenir soi-même la vapeur d'eau qu'on essaie de fuir. Résultat, des douches à la camomille depuis 7h, à peu près toutes les heures, parce que l'idée de coller à mes propres draps m'exaspère au point de renoncer à toute dignité domestique. Je ne me douche plus pour être propre. Je me douche pour ne pas devenir un ragoût.

Sinon, mes lunettes pour l'éclipse sont restées chez ma mère. Donc pas de soleil noir cet après-midi, juste moi, ma flemme, et l'astre qui va faire son numéro sans témoin de mon côté. Ceci dit, j'ai déjà eu celle de 99, en vraie, avec les vraies lunettes, celles gratos, avec prévention et tout le bordel, alors je m'en remets. Et il en reste une en 2081. Statistiquement c'est bon, on se refait ça tranquillement, j'aurai 96 ans, un âge tout à fait raisonnable pour lever la tête vers le ciel une dernière fois. Sauf si d'ici là on a fini calcinés par une canicule devenue permanente, ou réduits en batterie humaine par des data centers.

Bref. Kéfir, framboises, PG Tips, et un plan sur cinquante-cinq ans. La routine, quoi.

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