floating down confidence river

 

Quand la journée a été longue, je sais que je peux compter sur un titre de Suki Waterhouse. 

Ca et une série anglaise sur des zombies. 

Regardez In The Flesh. Et écoutez Memoir Of A Sparklemuffin.

my lover's gone, his boots no longer by my door


[carnet de voyage :: 10 décembre 2008]

Dernier soir à Londres. Décembre. Il a neigé un peu, juste assez pour te rappeler que tes os sont en location permanente pour le froid. Soho. Pubs. Trois pintes. Ensuite un bistro. On rit trop, on parle trop, on finit par embrasser quelqu’un comme si on avait attendu des siècles pour ça. Et puis, bam, un bus rouge percute un autre bus rouge. Personne n’est blessé, évidemment, mais moi, coincée entre la vitre et lui, je me rends compte que Londres aime te surprendre quand tu crois maîtriser quelque chose. Winter sick, tu sais. Le romantisme fait froid.

Le vol vers le sud te change la perception du monde. Somewhere devient Nowhere, Nowhere devient Somewhere. Partout devient un peu nulle part. Et puis l’Australie. Le soleil qui te frappe en pleine figure et te fait pleurer comme une idiote parce que tu viens de laisser derrière toi une ville qui n’a jamais été chaude. Londres transforme la chaleur en mythe. Le temps et le lieu se mélangent, tout devient légende dans ta tête.

Je suis ici pour écrire. Pas pour le tourisme. Pour écrire, il faut de la distance. Le froid de Londres me rend incapable de penser. Ici, je m’étale sur l’herbe, sur un vieux banc, sous un gum tree, avec un laptop qui chauffe plus vite que moi et des mouches qui me jugent. Le soleil fait moitié du boulot. Les oiseaux, les insectes, la chaleur, tout rythme mes phrases. Écrire devient un rite. La distance transforme la mémoire en portail. Chaque rivière, chaque buisson, chaque bruit devient un fragment que je peux trafiquer jusqu’à ce qu’il devienne réel sous mes doigts.

I started saying no and accidentally saved myself a lot of time


J’y peux rien, j’aime le non.

Vraiment. Le non franc. Le non qui arrive sec. Celui qui ne fait pas semblant de réfléchir pendant trois jours pour finir par dire oui quand même. J’aime le non parce que j’aime quand les choses sont claires, nettes, respirables. Et surtout parce que j’aime être seule. Pas seule triste, pas seule abandonnée, seule bien. Seule calme. Seule qui pense droit.

Le oui, lui, a une fâcheuse tendance à m’embarquer dans des boucles. Des boucles d’agendas, de discussions interminables, de trucs prévus trop à l’avance, trop expliqués, trop commentés. On dit oui et soudain il faut confirmer, relancer, préciser, s’adapter. Le oui n’est jamais seul. Il arrive avec des annexes. Des attentes. Des suites. Et moi, très vite, ça me fait chier.

Je sais presque toujours tout de suite. Pas avec la tête, avec le corps. Il y a un léger recul intérieur, une micro-lassitude immédiate. Un "oh non" silencieux qui arrive avant toute phrase polie. Et pourtant, longtemps, j’ai négocié avec moi-même. Je me suis dit que ce serait rapide, que ce serait bien de faire un effort, que ça ne me coûterait rien. Spoiler: ça coûte toujours quelque chose. Pas forcément beaucoup, mais assez pour que je me contorsionne avec mes démons.

Le problème avec le oui, c'est pas tant qu’il est mauvais. C’est qu’il est envahissant. Il s’installe. Il prend la place. Il transforme une journée simple en journée pleine. Et les journées pleines, j'évite. Trop de bruit. Trop de circulation. Trop d’énergie dépensée pour maintenir une version sociale de moi-même alors que je me porte très bien sans.

Dire non, ce n'est pas refuser les autres. C’est me choisir moi dans mon état naturel. C’est préserver ce truc rare et sous-estimé: la continuité intérieure. Ne pas être coupée toutes les deux heures par une obligation que je n’ai même pas désirée. Ne pas finir par en vouloir aux gens alors que le problème, c’est juste que je n’ai pas su dire stop au bon moment.

Il y a des gens que le non rend nerveux. Ils posent des questions. Ils veulent des raisons. Ils cherchent une faille. Comme si le non devait être justifié, argumenté, validé par un comité. Mais je n’ai rien contre eux. J’ai juste quelque chose POUR moi. Et ça, bizarrement, ça passe mal.

Le non, pour moi, c’est de l’hygiène. Une manière d’éviter l’encombrement. Une façon de garder de la place pour les vrais oui, ceux qui ne me demandent pas d’effort, pas de rôle, pas d’adaptation permanente. Les oui que je peux dire sans soupirer intérieurement, sans regarder l’heure, sans compter les jours avant que ça se termine.

J’y peux rien, j’aime le non. Il m’évite des détours. Il m’évite des discussions. Il m’évite des versions de moi que je n’ai plus envie d’entretenir. Il me laisse tranquille. Et franchement, c’est exactement ce que je demande à la vie en ce moment.

please please please let me get what I want

 

Pour 2026, j'ai décidé que mes réseaux sociaux seraient uniquement tournés vers la culture. La preuve, j'ai rouvert mes comptes Letterboxd et Goodreads. J'ai même pas envie de penser à autre chose. Le films, les livres, et la soupe patates carottes et cheddar. Voilà, c'est aussi simple que ça.

J'ai pas foutu grand-chose ce weekend, à part zoner chez une pote que je n'avais pas vu depuis mille ans. On a eu cette révélation, depuis son divorce. On va régresser jusqu'à notre mort. On a bouffé Burger King végé mais on a un peu posé notre mélancolie sur le Happy Meal du Domac, comme à l'époque de nos anniversaires. Elle a repensé au chausson aux pommes et moi aux nuggets (bordel les nuggets), les larmes aux yeux (c'était si bien, les années 90, on repeat pour la millième fois). Elle m'a raconté qu'elle venait de perdre son taf, et accessoirement toute sa vie, mais qu'elle s'en foutait presque, et qu'elle voulait juste se barrer n'importe où on fait du développement spirituel et où ça baise des inconnus. Après, je dis rien, c'est la crise de la quarantaine qui approche. Moi, j'ai bien foutu ma vie sur pause pendant plus de six mois pour tourner tous les jours autour d'un étang en me demandant s'il était pas temps que j'arrête de me demander des trucs. Après, j'ai vu une vidéo sur un de ces réseaux sociaux de jeunes qui disait qu'on réinventait sa vie à 39 ans donc au final, on est visiblement dans le tempo.

En attendant, je vais voir Hamnet ce soir. On aura la journée pour les questions métaphysiques demain.

queen of nothing


Ce soir, j'ai bouffé des pâtes froides direct dans la casserole en scrollant des photos de brunch à 18 balles, avant de regarder The Florida Project de Sean Baker. C'est mon truc, ça, le décalage des valeurs. Ca faisait longtemps que je voulais voir ce film. C'est le seul de Baker qui me manquait.

Le truc que j'aime chez lui, c'est qu'il ne te vend pas du misérabilisme propret pour public de festival. Il filme Moonee, six ans, qui passe son été à cramer des bâtiments abandonnés et à foutre le bordel dans des motels pourris de Kissimmee, en Floride. Sa mère Halley galère à payer la chambre en vendant des faux parfums. En fond sonore: les châteaux DisneyWorld qui brillent comme une promesse de merde inaccessible.

         

Ce qui me tue, c'est que le film refuse de choisir son camp. Il ne montre pas une gosse pauvre mais courageuse ou une mère victime du système. Il suit juste des gens qui font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont. Moonee elle s'en bat les couilles de la précarité, elle vit avec ce qu'elle a arraché, elle invente son propre royaume avec trois bouts de ficelle et une imagination qui vaut tous les parcs d'attractions du monde.

Baker filme ça comme un conte de fées cracra, avec des couleurs flashy de carte postale et une liberté qui te file le vertige. Parce que oui, c'est beau, cette enfance qui explose dans tous les sens malgré la violence quotidienne. Et c'est justement ça qui fait mal: voir que la magie existe même là où elle ne devrait pas, juste avant que le réel te rattrape à la gorge.

J'ai tenu ma promesse aussi d'écouter un peu autre chose que de la pop. J'ai quand même relancé Joanne, de Lady Gaga, mais seulement parce que j'ai l'impression que 2016 me colle aux pompes. Vraiment, réécoutons ce disque. Mais c'était ma seule incartade avec Collins. J'ai Country Girl de Greet Death qui me tourne en boucle, aussi. J'aime bien cette chanson, elle pourrait figurer sur la soundtrack de ma vie. Syndulla, de she's green, également. On m'a dit au travail que j'avais meilleur teint. C'est l'effet du rock alternatif sur moi. 

Et See you heaven, de Softcult. Comment j'ai failli oublier Softcult.

I love her so much it hurts

 

Si jamais vous vous demandez, cette note n'a pour intérêt que de publier ces photos d'Aubrey Plaza.

my friends keep falling and they can't get up



Si vous saviez à quel point je l'attendais, ce week end. A en crever. Même pas véritablement fatiguée, juste l'envie d'aller voir une expo, bouffer dans un des ces coffee shop hors de prix et dégueulasse, apprendre à faire une choré avec Francette. Je rentre dans ma période où j'ai envie de soleil et d'été, de salades de feta, de thé glacé. J'en ai marre de l'hiver et du froid. Marre du mois de janvier. Et puis je déteste février. C'est un peu le jeudi des mois. Il sert à rien. 

another stone

 

La vraie bonne nouvelle de l'année 2026, quoi qu'on en dise, est le possible revival de My So Called Life. Alors oui, ça va potentiellement ramener aussi sur le devant de la scène Jared Leto, et on a toutes et tous décidé collectivement de le détester, mais mon moi de onze ans crie Jordan Catalano. Après, c'est la faute de Claire Danes, qui a balancé l'idée en l'air il y a quelques jours et depuis, je me demande ce que les personnages ont bien pu devenir. Pas fan de l'idée d'un reboot, j'ai vraiment envie d'une suite. Une seule et unique saison, c'était juste criminel. Rien à foutre de les retrouver adultes, divorcés et dépressifs. Je veux les retrouver. C'est tout. Un peu comme une vieille bande de potes qu'on a perdu de vue.

Je continue aussi mon revival teenager. Pour la peine, j'ai refait le design de mon SpaceHey (qui n'est autre qu'une copie conforme du site de MySpace) (et vous n'y êtes même pas). J'ai aussi refait un Last.fm, histoire de me motiver à réécouter des trucs sur Bandcamp (c'est pas l'envie qui manque, juste le temps). Non, vraiment, bonne ambiance pour ce mois de janvier. En plus, je trouve qu'il passe plutôt vite.

Y a pas à dire, ça fait beaucoup de rebooter.

you walk back into my life, just like you never left


Vous voyez, ne plus updater ce blog, c'était passer à côté de ce documentaire sur Courtney Love qui doit bientôt être présenté au festival de Sundance. Si j'ai bien compris le concept, c'est Love elle-même qui se raconte, et pas des journalistes du dimanche et autres psys de canapé (donc partant de là, j'adhère déjà) (j'espère qu'on y verra une présentation de ses loulous de poméranie et un tuto prendre du crack en Valentino).

Et évidemment, ça va encore chouiner dans les tribunes: trop excessive, trop bruyante, trop vivante, trop tout. Comme si on attendait d’elle qu’elle vieillisse en silence, qu’elle fasse des TED Talks sur la résilience ou qu’elle vende des bougies parfumées au trauma. J'espère vraiment qu'elle va encore se faire détester. Y a que comme ça qu'on l'aime vraiment.




Pour 2026, j'ai aussi décidé de faire un effort et d'écouter un peu plus de petits groupes pas connus et moins de pop (à part Phil Collins, putain, vous allez en bouffer), mais en même temps, l'année dernière a tellement été dégueulasse en matière d'underground que je me demande vraiment si on a pas perdu un truc en chemin. Parce que c'est bien joli de réclamer des groupes qui jouent à nouveau dans des garages, mais dans cette économie, qui a un garage? On n'est plus en 2006, things happened. 

Faudrait aussi que je me remette à faire ma liste de films que j'ai envie d'aller voir au cinéma. J'avais pas tilté que le Father Mother Sister Brother de Jarmusch était déjà sorti donc va falloir que m'organise ça rapidement. Et dire que j'ai même pas vu Bugonia de Lanthimos. C'est dire à quel point je suis à la traîne.

Des gens à voir, des choses à organiser. J'ai repris le travail après cette très longue pause salvatrice. J'imaginais pas que j'allais autant manquer à certains collègues. Comme quoi, le relationnel qui marche, c'est pas celui d'aller bouffer tous les midis ou de se farcir des afterworks à la con, c'est montrer les dents, souffler très fort quand on s'approche trop près de toi et lever les yeux aux ciels dès que t'entends une connerie.

good morning, barbies



Dimanche douceur. Je me suis réveillée à l'aube juste pour aller me chercher des croissants chauds. J'avais une pile de magazines de mode en retard (je les achète mais je les lis six mois plus tard, c'est tout moi ça, uncool jusqu'au bout) et surtout, des baraques de célébrités à regarder sur Architectural Digest Open Door. Je pense que je vais passer la journée à faire des collages et peut-être aller voir un film au cinéma.

Peut-être que j'updaterai aussi un peu plus ici. J'ai décidé d'être un peu plus régulière (si si, cette fois-ci, c'est la bonne).

See ya.

FAQ


(comme sur un site sérieux, mais avec une bouteille de vodka et des gants de boxe)

Qui suis-je?
Quelqu’un qui parle aux murs et qui espère qu’ils répondent avec un GIF.

Que trouve-t-on sur ce blog?
Des textes. Des listes. Des obsessions culturelles. Des tentatives de mise en ordre d’un cerveau légèrement surchargé.

À quelle fréquence ce blog est-il mis à jour?
Quand j’ai trop réfléchi à ma médiocrité et qu’il faut l’écrire pour la partager.

Pourquoi écrire un blog en 2026?
Parce que le monde est saturé de contenus inutiles et que j’aime aggraver le problème.

Est-ce un blog personnel ou professionnel?
Personnel, donc bordélique. 

Parle-t-il de sujets précis?
Oui: culture, livres, chiens tyranniques, et crises existentielles à heures fixes.

Y a-t-il une ligne éditoriale?
Oui. Jeter des idées comme des briques dans un mur.

Faut-il tout lire dans l’ordre?
Oui, mais je décline toute responsabilité sur les traumatismes.

Est-ce que ce blog a une ambition?
Être lu par erreur et rester.

Puis-je être en désaccord avec ce qui est écrit?
J'espère bien, sinon je suis profondément désolée pour vous.

Pourquoi tant de listes?
Parce que mettre des puces est plus thérapeutique que de mettre mes doigts dans la prise.

Pourquoi autant de références culturelles?
Pour me donner l’air intelligente pendant que je rate ma vie.

Est-ce que tout est vrai?
Malheureusement, oui.

Est-ce que l’autodérision est une stratégie?
Non. Je l’utilise pour faire croire que je maîtrise quelque chose.

À qui s’adresse ce blog?
À ceux qui croient qu’un blog peut changer le monde. Ha ha ha. Non.

Puis-je me reconnaître dans ces textes?
Oui. Vous allez commencer à parler à votre chien en citations de ce blog.

Pourquoi ce ton?
Parce que je teste le public. Vous avez survécu jusque-là, bravo.

Y aura-t-il une conclusion un jour?
Non. Ce blog est comme ma vaisselle: ça s’empile, ça pourrit et personne n’y touche jamais.

Puis-je revenir?
Oui. Vous pouvez même amener du thé et de la cocaïne.

mom it's not a phase, it's phil collins


Un de mes ex disait: à l’instant précis où tu te sens alignée, t’as la tête qui réclame Phil Collins.

Je suis donc alignée depuis environ deux jours. Phil Collins mental en boucle. Voilà. C’est ça, 2026. La promesse futuriste s’est arrêtée sur un synthé un peu humide et une batterie qui pleure doucement. Régression totale, assumée, presque militante.

Je ne me suis même pas tiré les cartes. C’est dire le niveau de lâcher-prise. Quand tu ne ressens plus le besoin de demander à des bouts de carton si tout va mal aller, c’est que tu es soit très sage, soit déjà morte intérieurement. J’hésite encore.

Je vis dans le moment. Une expression que je déteste habituellement parce qu’elle sent la retraite yoga subventionnée et le quinoa tiède. Mais là, non. Là c’est du présent brut. Du présent sans projet. Sans vision board. Sans nouveau départ écrit en Helvetica.

Je lis beaucoup. Enfin, je relis beaucoup. Ce qui est toujours un signe de fatigue civilisationnelle. Je retourne aux valeurs sûres: des romans classiques qui parlent de cul, de fantômes et de meurtres. Les trois piliers d’une santé mentale stable.

Je me suis enfilé Les Diaboliques de Barbey d’Aurevilly: des femmes sublimes, malsaines, déterminées à ruiner des existences avec une élégance rare. Un livre qui rappelle que le mal n’a jamais eu besoin d’hommes virils ni de plans machiavéliques : un regard, un secret, un silence bien placé suffisent.

Puis La Vénus d’Ille de Mérimée, ou comment une statue en bronze peut foutre plus de bordel qu’un groupe WhatsApp familial. Du désir, du surnaturel, une punition sèche et définitive. Court, net, efficace. Le genre de récit qui ne te demande pas ton avis.

Je pense enchaîner avec La Tour d’écrou de Henry James, histoire de me perdre dans une ambiguïté bien propre, bien psychologique, bien poisseuse. Des fantômes peut-être imaginaires, une gouvernante peut-être folle, des enfants peut-être corrompus. Le doute comme sport national.

Et puis, dans un grand écart culturel absolument splendide, j’ai commencé La famille Rose. Une série française sur une famille de cannibales qui sillonne le pays pour trouver à bouffer. Du terroir, du lien familial, de la débrouille. Une version très honnête de la France périphérique, finalement.

Je trouve ça rassurant, cette cohérence bancale: alterner des textes du XIXe siècle et des fictions contemporaines où les gens mangent leurs voisins. Comme si, au fond, rien n’avait vraiment changé.

Alors oui, si l’alignement ressemble à Phil Collins, à des fantômes lubriques, à des crimes feutrés et à du cannibalisme domestique…

Je prends.

C’est peut-être ça, être adulte en 2026: régresser avec style, relire les morts, et accepter que le futur n’arrivera pas.

In the air tonight, comme on dit.

lush life

J’adore l’hiver. Vraiment. Mais ce midi, à Saint-Germain-des-Prés, sous un ciel bleu insolent, mon cerveau a fait plage. Francette, elle, a décidé qu’on n’allait nulle part. Arrêtée toutes les trois secondes. Pour être regardée. Pour être commentée. Pour être photographiée. Je fais officiellement partie de dizaines de souvenirs de vacances de gens que je ne reverrai jamais. Si vous avez une photo de chien floue avec une meuf derrière, c’est moi.

Chez Moustache, j’ai regardé beaucoup trop de photos de chiens brandies avec fierté par leurs humains. C’est le mien. Non mais regardez. Il est incroyable. J’ai hoché la tête. J’ai souri. J’ai compris. Ça y est. J’ai repris ma place. Dans le grand cycle de la vie.

Chez les parents de clebards.

(Pour info, Francette était la plus belle, même si tous les chiens sont magnifiques) (c'est une règle universelle et véridique) (contrairement à celles des bébés) (neuf fois sur dix, le bébé est moche).

he's got a tye dyed rancid shirt he wears his birkenstocks to work - is he a jerk? no! just confused



Je sais pas si c’est 2026 ou une planète à la con qui a dévissé, mais je me sens prête pour la bagarre. NOFX en boucle, signe qui ne trompe pas. Et Trump qui rejoue le Venezuela pour le pétrole (cette impression poisseuse que l’Histoire semble vouloir faire une cover de l'ère Bush), forcément, ça inspire une playlist dans la vibe here we go again. Il y a ce côté reprise d’énergie brute après l’hibernation, guitares qui lâchent un «ok, j’y vais quand même», humour un peu acide, colère joyeuse mais lucide. Pas la révolte grandiloquente, juste des converses trouées et le regard droit.



(vraiment, le mood que j'apporte pour ce mois de janvier)

À part ça, très bonne semaine en compagnie du nouvel amour de ma vie: mon chihuahua, qui m’inspire de jour en jour. Ma figure féministe ultime. Après avoir dû la séparer d’un autre clebard auquel elle avait clairement décidé d’arracher les couilles. Francette Wittig, si jamais on la demande. Non, vraiment. Elle fait honneur à son pédigrée. Je sais pas si c'est ma personnalité qui attire tous les chiens siphonnés, mais s'il existe un dieu, je le remercie de mettre sur mon chemin tous les fous du bus canins.

J’ai aussi décidé de faire une liste de résolutions, parce que l’air de rien, j’en avais fait quelques-unes l’année dernière, et, contre toute attente, je les avais tenues. Oui, je sais, c’est presque criminel de se surprendre soi-même. Alors cette année, je retente l’expérience. Pour la science, évidemment. Pour observer les lois immuables de l’univers quand on prend ses désirs pour des plans. Et aussi pour avoir le plaisir coupable de rayer des lignes (car je ne vis que listes).  Bref, je m’y mets, cynisme en sac banane 80s, prête à noter tout ce que je refuse, tout ce que je veux, et tout ce que je vais probablement ignorer.

Ne pas devenir une femme apaisée. Jamais.
Arrêter de faire semblant de ne pas comprendre quand je comprends très bien.
Ne plus sauver les gens qui confondent naufrage et personnalité.
Écrire ce blog comme si personne ne m’attendait. Parce que personne ne m’attend.
Ne pas débattre avec des gens qui utilisent quand même comme argument.
Faire de mon intuition une autorité administrative.
Me méfier des gens très calmes: ils ont souvent un podcast.
Ne pas adoucir mon propos pour ménager des carrières qui n’existent pas.
Accepter que certaines révolutions finissent en tote bag.
Rester ingérable, mais cohérente.
Me rappeler que la paix intérieure est rarement compatible avec les cons.
Ne pas guérir de ce qui me rend vivante.
Ne plus expliquer mes silences. Ils sont généralement mérités.
Lire les conditions générales des gens, pas seulement celles d’Instagram.
Faire confiance à mon agacement. Il est souvent bien informé.
Continuer à avoir mauvais caractère. C’est un radar.
Laisser les gens mal à l’aise. C’est formateur.
Refuser les demi-mots, les demi-choix et les demi-couilles.
Ne plus avoir d’opinion sur tout. Choisir soigneusement mes haines.
Préférer le dissonant au confortable.
Laisser mes goûts me précéder.
Refuser la version présentable de moi-même.
Partir sans expliquer.
Rire au mauvais moment.
Laisser certaines choses mourir sans cérémonie.

Et écouter du pop punk. Beaucoup de pop punk.