le club du cringe PART II


Hier, j'ai écrit une note où je vous demandais de laisser des commentaires. Pas des commentaires stratégiques, pas des commentaires pour l'algorithme puisqu'il y en a pas ici, juste des commentaires pour le plaisir de dire "je suis passée, j'ai lu, ça m'a fait quelque chose". Et pendant que je finissais de l'écrire je suis tombée sur le texte de La Lune Mauve sur les liens qu'on se fait tourner entre blogs, les petites notes, le fait de citer les gens qu'on lit. Ce qui m'a évidemment ramenée à mon propre texte sur le club du cringe, où je racontais pourquoi on s'obstine encore à tenir un blog en 2026. Et en repensant aux trois en même temps, je me suis rendu compte qu'il manquait un morceau. On avait causé de publier, on avait causé de partager, et on avait complètement zappé la case la plus évidente: commenter.

C'est quelque chose à laquelle je pense beaucoup, surtout depuis que je suis sur Substack. Juste parce que le bazar fonctionne comme ça. Si tu veux être vu, tu dois interagir. Mais attention, interagir vraiment. Pas juste: "wow trop beau". Non. Faut que ça vienne des tripes, faut que ça raconte, faut que ça soit vécu jusqu'à dans l'os, même si c'est bancal. C'est une visite où tu dois prendre ton temps, seulement pour que ça prenne sens. Parce qu'un commentaire, c'est le genre de truc qu'on est en train de se soigneusement désapprendre à faire. Le like, lui, c'est un signe de tête dans un couloir. Quelque chose qu'on fait sans s'arrêter, pour ne pas avoir l'air malpoli, et surtout pour ne pas avoir à ralentir. Le commentaire, c'est le genre de personne qui te bloque le passage dans ce même couloir pour te demander comment va ta mère. C'est-à-dire une personne qui a décidé, à un moment précis, que tu comptais plus que son propre emploi du temps.

Ça n'a l'air de rien, mais c'est exactement le réflexe qu'on a fini par perdre en quinze ans. On s'est fait dresser comme des chiens de Pavlov version émoji. Quelqu'un publie, tu réagis, la cloche sonne, tu passes au post suivant. À aucun moment on t'a demandé si t'avais lu le texte en entier. D'ailleurs personne ne l'a lu en entier, c'est même statistiquement documenté, il existe des études entières sur le pourcentage de gens qui partagent un article sans avoir dépassé le titre, et si tu es en train de lire cette phrase-là tu fais déjà partie d'une minorité qui mérite une médaille en chocolat.

Le commentaire, contrairement au like, ne peut pas mentir sur son alibi. Tu ne peux pas commenter intelligemment un texte que t'as pas lu (enfin si, tu peux, les internets en sont pleins, mais ça se repère à trois kilomètres, un peu comme un mec qui te cite Camus sans jamais l'avoir ouvert). Le commentaire a une dette envers le texte. Il faut d'abord l'avoir traversé pour avoir le droit d'y répondre. C'est une politesse d'un autre temps. Sauf que dans notre époque de politesse en voie de disparition, ça devient presque un acte de résistance de rester poli.

Et je sais très bien pourquoi vous hésitez, parce que je fais pareil ailleurs. On a peur de dire un truc bête, de mal formuler, de laisser une trace écrite d'une pensée pas totalement aboutie sous le nom de quelqu'un qu'on ne connaît pas vraiment. Sauf que c'est exactement l'inverse de la peur qu'on avait à l'époque Skyblog ou 20six ou je ne sais quoi d'autre, où on lâchait des "trop bien ta song" et des cœurs en Wingdings sans aucune retenue parce que personne n'attendait de nous qu'on soit brillants. On a troqué cette spontanéité contre une nouvelle forme de pudeur bizarre où on préfère ne rien dire plutôt que dire un truc imparfait, alors même qu'on est censés avoir gagné en maturité entre-temps. C'est un comble. Plus on vieillit, plus on a de choses à dire, et moins on ose les écrire en bas d'une page.

Je trouve que j'ai raté le coche, entre le texte de La Lune Mauve et le mien. Elle parlait de faire tourner des liens entre blogs, de citer les gens qu'on lit, de bâtir une espèce de toile discrète où chacun renvoie vers chacun. Moi je parlais de la table au fond, du fait qu'on avait le droit de s'y asseoir sans réservation. Sauf qu'un lien, ça pointe vers un texte, pas vers une personne en train de le lire. Et une table, si personne n'y parle, c'est juste du mobilier. Le commentaire, c'est le seul des trois gestes qui s'adresse réellement à quelqu'un, en direct, sans détour par un troisième texte. On peut faire tourner des liens toute la journée et ne jamais dire un mot à celle qui a écrit l'un d'eux.

Et je sais très bien ce qu'on va m'opposer. Que tout le monde n'a pas trois heures devant soi pour disserter en commentaire, que le like a au moins le mérite d'exister, de dire "je suis passée, j'ai vu, ça compte pour quelque chose". Très bien. Mais ce n'est pas une histoire de mérite, un like n'est pas un commentaire raté, c'est juste un geste différent qui construit une chose différente. Le like ferme la boucle instantanément. T'as vu, t'as tapé, terminé, rien ne se passe après. Le commentaire l'ouvre. Quelqu'un te répond, tu réponds à la réponse, un lien en entraîne un autre, et sept semaines plus tard une inconnue écrit un texte entier à partir d'une phrase que t'avais balancée un peu par hasard un soir, sans penser une seconde qu'elle survivrait à la nuit.

Ce qui est en train de se passer, là, précisément, avec ma propre note. Je l'ai écrite en pensant demander un truc de politesse et en fait je demandais l'inverse exact de ce réflexe-là. Si quelqu'un me répond en commentaire, je n'ai aucune idée de ce que ça produira ensuite, et c'est exactement le point. Les réseaux sociaux savent répéter (le repost, le duo, la blague qui tourne en boucle jusqu'à ce que plus personne ne se souvienne de qui l'a dite en premier), mais ils ne savent absolument pas faire grandir quelque chose en le faisant passer entre des mains différentes.

Alors oui, ça prend du temps, et alors. Il faut lire avant de répondre, parfois relire, parfois laisser une idée mariner trois jours avant de trouver la bonne façon de la dire au lieu de vomir une réaction à chaud qu'on regrettera dans une heure. Mais c'est cette lenteur-là, précisément, qui fait que le résultat tient debout une fois qu'on arrête de le regarder. Une conversation qui met trois semaines à se répondre laisse une trace. Une conversation qui prend trois secondes laisse un chiffre, et un chiffre, ça ne se relit jamais.

Parce que le vrai problème, il est là. On nous a gavés à l'instantané, à remplir un feed en continu, trois minutes par-ci, huit secondes par-là, et on a fini par croire que ralentir c'était devenir improductif, comme si exister en ligne devait se mesurer en rendement. Sauf qu'on s'en fout d'être productif ici. Ce n'est même précisément pas le sujet. Un commentaire qui prend vingt minutes à écrire (ou une note qui prend un après-midi à être rédiger même combat) n'a rien produit au sens où on l'entend d'habitude, aucune preuve à exhiber, et c'est justement pour ça qu'il vaut quelque chose. Il existe uniquement parce que quelqu'un a choisi de perdre du temps pour une personne précise, sans que ça lui rapporte rien de mesurable. C'est un luxe qu'on s'autorise à peu près plus nulle part ailleurs.

Donc voilà, je le redis, en moins creux cette fois: laissez des commentaires partout où vous pouvez. Ratés, courts, mal formulés, hors sujet, ça n'a aucune importance. Dites que vous préférez les longs articles ou que vous voulez un top 3 de chips favorites, dites que vous n'êtes pas d'accord, dites juste "j'étais là". Personne ne vous demandera votre carte de membre, mais si vous vous asseyez à cette table, sachez qu'on vous répondra, il y aura assez de bouffe pour tout le monde.

12 commentaires:

  1. OK, alors... :)
    Je te lis depuis peu. J'adore le faire (et je lis en entier ^^) parce que tu écris, de mon point de vue, extrêmement bien. Des fois aussi ça m'agace, y'a un billet qui m'a tourné dans la tête pendant deux jours parce que j'étais tellement pas d'accord, et d'ailleurs, plutôt que de l'écrire ici, je l'ai fait en commentaire chez Matoo parce que c'est lui qui l'avait linké et que je voulais pas débarquer chez toi comme un mec qui viendrait étaler sa science chez une parfaite inconnue.

    Une autre raison pour laquelle il est devenu rare que je commente des blogs, c'est que ça créé des discussions chez eux. Jamais chez moi. Pour être tout à fait honnête, ça ne fait qu'entretenir l'impression que je n'en vaux pas la peine et qu'on me répond par politesse. Les gens viennent chez moi, lisent un billet, mettent un commentaire pour me montrer qu'ils m'ont rendu la politesse parce que je leur avais écrit ou les avais cités à un moment, et se barrent parce qu'apparemment je n'écris pas des choses appréciables. C'est pas très grave, j'ai ma petite poignée de lecteurs et pas forcément besoin de plus. Juste, je ne vois pas pourquoi je prendrais la peine de faire vivre les contenus des autres dans ces conditions-là (pardon, ça fait aigrie, de bon matin allais-je dire mais il est presque midi.)

    Voilà, bref. Je te lis, je continuerai de le faire, et c'est possible que puisque tu nous as invités à le faire je revienne commenter, ou peut-être que je le ferai pas et que je resterai un de ces lecteurices invisibles :)

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    1. alors déjà merci, sincèrement, pour ce commentaire, parce qu'il fait exactement ce que je disais espérer dans l'article, en mieux. et je veux réagir à un point précis, parce que je crois qu'on a un malentendu à lever. tu dis que commenter chez les autres ne t'a jamais rien ramené chez toi, que ça entretient l'impression que t'en vaux pas la peine. je comprends ce sentiment, mais chez moi ça ne fonctionne pas du tout comme "politesse rendue". quand quelqu'un commente ici, c'est très concrètement comme ça que je découvre qu'il ou elle existe. je n'ai pas de radar magique pour savoir qui me lit en silence depuis son coin, alors qu'un commentaire, même trois lignes, c'est un fil que je peux tirer jusqu'à chez toi. j'ai ton adresse de blog, j'ai le fil. je vais le tirer jusqu'à chez toi.
      ps: j'adore les débats et faire tourner des idées en boucle dans la tête. et encore heureux que ce que j'écris n'est pas pris pour argent comptant!

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  2. Je n'ai pas laisse de commentaire avant celui d'hier (et merci de m'y avoir poussée) parce que j'ai peur de ne pas connaître assez bien le genre de personne que tu es et donc de dire des trucs qui n'ont rien à voir avec la choucroute. Mais en écrivant ça je me rends compte à quel point c'est stupide, d'autant plus que j'ai eu le même genre de reflexion sur les commentaires sur mon ancien blog. Donc je ne suis même pas mes propres injonctions! Bref. Merci de me rappeler tout ça :)

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    1. J'espère surtout que tu as conscience que tes posts manquent sincèrement à plein de gens. <3

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    2. Mais, heuuuuu!! Ma vie est parfaitement ennuyeuse, spa ma faute!! <3

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  3. C'est drôle que tu sois aussi sensible aux commentaires ou à l'interaction, même si je sais qu'on cherche tous cela quand on écrit en ligne. Mais en général, quand on a beaucoup de commentaires, on se tape après des tas de cons ou juste les gens qui ne devraient pas nous lire. :D :D :D Bref, c'est pas idéal non plus le lectorat. C'est pour cela que j'écris complètement "au vent". Vient qui veut, c'est gratuit et sans engagement. Et je pense vraiment que la qualité de nos écrits est suffisante pour attirer des lecteurices. Peut-être pas beaucoup, mais les bons. :)

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    1. haha, je te rassure, c'est pas un truc de validation, plutôt l'inverse. le côté "on se tape des tas de cons", je sais ce que c'est, mais c'est un peu accessoire à ce que je disais: mon truc c'est pas le volume, c'est le geste. même un commentaire d'une personne qui ne devrait pas me lire, c'est quelqu'un qui a pris le temps de me le dire en face plutôt que de scroller en silence. et pour être honnête, il y a sûrement une bonne dose de nostalgie là-dedans. j'ai eu un blog sur 20six il y a très très très très longtemps où ça grouillait de commentaires, une vraie fourmilière, et puis j'ai eu un canalblog que j'ai fini par fermer pendant plusieurs années. là j'ai juste envie de retrouver ça, cette époque où ça partait dans tous les sens. et puis j'ai envie de savoir qui me lit. si ces personnes ont un blog. le lire à mon tour.

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    2. Heureusement nous sommes dans l'heureuse ère des blogs morts. Donc on est vachement entre gens qui avons persisté via le raz de marée des réseaux sociaux ou bien des olibrius qui trouvent dans le blog les vertus des internets des années 2000. Bref entre gens bien !!! :)))) (Après certaines ou certains me font lever les yeux au ciel mais je suis un connard parfois. ^^')
      (Tu sais que ton blog n'est pas du tout responsive ? LAULE !!)

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    3. mdrrr "des olibrius qui trouvent dans le blog les vertus des internets des années 2000", je me sens totalement visée mais je pense que c'est un effet de la trentaine. c'était ça ou faire du pain. et pour le responsive, oui je sais. niveau design je suis une grand-mère des internets, estimez-vous heureux que mes notes ne s'envoient pas par pigeon voyageur.

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  4. J’ai relu ce billet trois fois, et je n’ai eu de cesse de me demander si l’écrire avait été pour toi une façon indirecte d’exprimer ta déception de ne pas recevoir davantage de commentaires sur tes billets. Est-ce le cas ? Si oui, quelle valeur, quel sens rattaches-tu à ces commentaires reçus ou non reçus ?

    Pour ma part, je ne suis pas du tout persuadée que commenter un blog soit « la case la plus évidente », bien que je ne sois pas complètement sûre de comprendre ce que cette formulation recouvre pour toi.

    Je suis déjà très contente quand mes textes sont lus. C’est déjà une marche à franchir de lire tout court, et une marche encore plus haute de lire un texte long et dense. Alors, le commenter… On n’est pas en haut de l’escalier, mais presque.

    Si tu savais le nombre de lectrices qui m’ont déjà écrit, en privé, qu’elles n’osent pas commenter mon blog, alors qu’elles le lisent depuis des années ! Je suis toujours surprise de lire ça. Je me suis souvent demandé si quelque chose sur mon blog pouvait être élitiste ou excluant, pour que des lectrices de longue date ne s’y sentent pas entièrement à l’aise, ou en sécurité (?), pour y commenter à leur guise.

    J’ai longtemps terminé mes billets avec une question ouverte, formulée à l’adresse des personnes qui les lisent, façon « Et vous, … ? ». Mais j’ai pris conscience que c’était répétitif et stéréotypé, et surtout, ça ne changeait pas grand chose.

    En réalité, on ne contrôle pas ce qui va provoquer une réaction assez forte pour inciter à commenter. Par exemple, il n'est pas rare que des personnes qui commentent mon blog réagissent à propos d’un détail ou d’un élément que j’estime très secondaire. Je trouve ça surprenant et amusant, et ça contribue au plaisir que je prends à bloguer.

    Une autre curiosité : parfois, je reçois un commentaire unique d’une personne qui lit mon blog depuis des années, et qui ne commente ensuite plus jamais. Pourquoi ? Je ne sais pas, mais je trouve ça chou aussi.

    Un autre truc évident, c’est qu’aimer lire ne signifie pas forcément que l’on aime écrire.

    Il y a aussi une différence entre écrire-commenter et publier : certaines personnes font l’effort de m’écrire après avoir lu un billet de blog, mais en privé seulement (par ex., répondre à une de mes newsletters par e-mail, répondre à mon dernier billet en petit DM sur Insta, etc.).

    Derniers trucs que je voulais dire, après j’arrête promis :

    - un texte, un billet peut avoir de l’impact et germiner dans la durée, même s’il n’a pas été commenté, s’il n’y a pas de trace « matérielle » de cet impact… pour l’instant ;
    - « un lien pointe vers un texte, pas vers une personne en train de lire » : si la personne qui lit ne laisse pas de trace,il reste la solution de s’adresser indirectement à elle dans le texte initial, comme tu l’as fait à la fin du tiens : « laissez des commentaires partout où vous pouvez… ». L’impact n’est pas toujours immédiat, mais faire des piqûres de rappel de temps en temps, plus ou moins directes, ça peut créer un climat accueillant.

    Pff, ce commentaire est si long, j’aurais dû écrire un billet…

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    1. Désolée pour le délai, ta réponse méritait mieux qu'une semaine de silence. Mais elle demandait aussi plus qu'une réaction à chaud, alors j'ai préféré la laisser mariner plutôt que de te répondre à moitié tout de suite. Un comble, vu le sujet!

      Pour la question de fond : non. Ou alors il faut préciser ce que "déception" veut dire, parce que ce n'est pas ça. Je ne suis pas triste ou déçue de recevoir peu de commentaires. Ce qui me déçois, c'est plus ancien et plus diffus que ça. C'est ce que les réseaux ont fait à la rythmique de l'échange. Il y avait une cadence, avant, entre le moment où on lisait et le moment où on répondait, et cette cadence-là s'est fait aplatir par l'instantané. Le texte n'est pas né d'un manque personnel tourné en manifeste. Il est né de voir, dans mon propre réflexe à vouloir des réactions rapides, la trace de ce qu'on m'a appris à attendre, et de m'en agacer contre moi-même autant que contre le mécanisme.

      Sur "la case la plus évidente", je te dois une précision, parce que ta lecture est juste et je me suis mal exprimée. Je ne voulais pas dire évidente pour qui lit, évidente dans le geste à accomplir. Je voulais dire évidente dans le trio publier / partager / commenter: la seule des trois qui s'adresse à une personne en train de lire, plutôt qu'à un texte ou à une audience. Pas un jugement sur la facilité du geste. Sur l'escalier, tu as raison, et je le sais très bien de l'intérieur, je suis moi-même du genre à lire dix billets pour un commentaire laissé.

      Ce que tu dis sur tes lectrices qui t'écrivent en privé qu'elles n'osent pas commenter, ça me travaille. Pas dans le sens où je penserais qu'un blog est nécessairement élitiste s'il produit ça, je crois plutôt que le commentaire public a une charge que le message privé n'a pas, et que cette charge existe indépendamment de ce que le blog dégage comme atmosphère. On peut être la table la plus accueillante du monde, il restera des gens pour qui s'asseoir en public coûte plus cher que manger seuls dans son coin.

      Le "Et vous, ...?" en fin de billet, oui, j'ai fait pareil pendant des années, et oui c'est mort de sa propre répétition. Ce que tu dis à la fin sur les piqûres de rappel indirectes, plutôt qu'une question frontale, c'est exactement ce que j'ai fini par essayer sans le nommer comme tel.

      Et pour la dernière chose, le lien qui pointe vers un texte, pas vers une personne en train de lire, je l'ai lu deux fois parce que c'est passé tout près de ce que j'écrivais, sans jamais toucher le même point. Toi tu proposes de s'adresser indirectement dans le texte pour compenser l'absence de trace. Moi je crois que je cherchais surtout à comprendre pourquoi cette trace-là, précisément, nous coûte plus cher que toutes les autres.

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  5. J'adore les commentaires ! Je ne prends pas toujours le temps d'en laisser, parce que je n'ai pas toujours l'espace mental pour ou juste parfois la flemme, j'avoue, mais ça me fait trop plaisir quand quelqu'un commente chez moi même sur un petit détail random de l'article et pas sur le propos au complet. C'est pas que j'ai *besoin* de cette validation mais on va pas se mentir ça fait plaisir de savoir qu'on est lu.e.s et que nos mots provoquent une envie de rebondir sur quelque chose. Enfin moi ça me fait plaisir en tout cas. Après il y a aussi un côté paralysant quand j'ai envie de dire certaines choses de savoir qu'on va me lire, mais finalement c'est pas forcément lié aux commentaires en eux-mêmes.

    J'adore lire les commentaires sur les articles autres que les miens aussi, et confronter mon point de vue à celui des autres visiteurs (même si je vais rarement jusqu'à commenter les commentaires).

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