take off all your cool



Je me suis levée ce matin avec le besoin viscéral de me faire une glace. C'est un truc très polonais. Manger une glace quand c'est pas le moment. A l'heure du midi, m'attabler à une terrasse et m'en commander une au caramel, café et vanille, avec des morceaux de banane en garniture, de la chantilly et des copeaux de chocolat, avant de m'enfiler des rouleaux de chous farcis et une part de makowiec. J'aime beaucoup les places dans les villes polonaises. Ces grands espaces, entourés par des immeubles colorés. Faut savoir profiter de ces dimanches. Je ne suis pas à Poznan mais on peut très bien se préparer une mega glace à bouffer en écoutant Sabrina Carpenter (ce titre m'obsède en plus de me faire errer sur des sites à la recherche du maillot de bain parfait) (j'ai absolument pas l'intention d'aller à la plage).

L'été, c'est un peu ma définition de la femme: l'âme de Lana Del Rey dans la garde-robe de Barbara Cartland.

i like tea and maybe three people


Now he's thinkin' 'bout me every night, oh
Is it that sweet? I guess so
Say you can't sleep, baby, I know
That's that me, espresso
Move it up, down, left, right, oh
Switch it up like Nintendo

Je regarde le live de Peggy Gou à Coachella et pardonnez-moi mais c'est quoi ce public? Vraiment, je suis scandalisée. Déjà, ça passe ses journées à enfoncer des portes ouvertes à coup de "bouh, Friends et de Sex and the City c'est cringe", mais en plus ça sait même pas s'ambiancer. Je sais pas, bougez les bras, balancez de la bière. Juste. Faites un truc. Ca me stresse de ouf, j'arrive même plus à m'amuser moi-même alors que je suis littéralement en pyjama. Vous êtes jeunes, vous avez payé un rein pour être là. Sérieux, à ça de pondre des chiards seulement pour leur apprendre à faire des pogos et réciter l'alphabet en rotant.

J'ai un côté très regressif, très Peter Pan, en ce ce moment. Enfin, pas qu'en ce moment mais plus que d'habitude. C'est quelque chose que j'aime bien, chez nous, les millenials. Très sérieux dans la gaminerie, capable de t'expliquer la théorie des cordes en faisant des pets de bras. C'est qu'on a du assimiler très tôt qu'on allait tous crever dans les années 2000 mais on a gardé des réminiscences des supers pubs qu'on avait dans les années 1990 pour Noel. Donc crever, oui. Mais en jouant à la Nintendo. Et c'est vrai que j'attrappe vraiment un côté je m'en foutiste qui m'étonne de jour en jour alors que je m'étais quand même toujours vu comme engagée. Mais là, je sais pas. Allez tous vous faire voir.

Heureusement, les fans de Lana Del Rey ne décoivent jamais. Je lisais quelqu'un qui disait qu'elle était un peu la Lady Di des dépressifs sévères. C'est pas totalement faux et c'est le paradoxe. C'es qu'on sait s'amuser dans les larmes et les cris. On est les inventeurs du Summertime Sadness, ne l'oublions pas. 


Soyons broyés, mais avec style. Dans une robe à strass, à faire du pole dance sur Candy Necklace. Buvons du coca, grillons une dernière cigarette. Sur la route vers nulle part. Soyons nos propres hymnes, nos plus beaux échecs. Immatures, inconstants. Klaxonnant pendant qu'on fonce droit dans le mur. Sourire béat collé sur les lèvres. Comme un putain de tumblr en 2012. 


brighter days


C'est fou comme le soleil et un nouveau clip de Dua Lipa peuvent te faire changer de personnalité. J'ai lâché mes pantalons de jogging pour des robes à fleurs. Je me suis même coiffée d'une tresse, comme si j'allais faire péter un pont à la manière de Black Widow. 

J'ai un rituel, quand le printemps arrive. Marcher autant que possible pieds nus dans l'herbe et me poser au bord d'un coin d'eau pour écouter les oiseaux. Je lâche les masques, durant cette période. Je double mes sessions étirement et je ne mange que des fruits. De la lumière, il me faut de la lumière (et la saison 3 de Bridgerton).

Je ne sais pas pourquoi, mais c'est une période où je lis beaucoup moins, aussi. Je préfère écouter de la musique. Sans surprise, le nouveau Maggie Rogers est sublime. Je repense toujours à l'expression de Pharell Williams la première fois qu'il a écouté l'un de ses titres. Il y a vraiment quelque chose de simple, de brut, de vrai dans ses compositions. Beaucoup de vulnérabilité. Plus je prends de l'âge et plus je laisse la technique de côté, en fait. J'en ai plus rien à foutre des postures. Si tu me parles, je te réponds. Passer du rire aux larmes. C'est vraiment la seule artiste qui me donne envie de prendre une cuillère en bois en guise de micro.

i've never ever been happier


Aujourd'hui, je vais vous parler d'une journée pourrie. Mais pas n'importe quelle journée pourrie. LA journée pourrie. Celle qui vous donne envie de défoncer une boite d'anxio, de chier sur le bureau de votre boss et de terminer à dégueuler sur un trottoir, dans votre tailleur qui pue le graillon, après avoir bouffé un kebab de seconde zone qui s'appelerait m'enfaim ou je sais pas quoi.

[Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants serait purement fortuite.] [Ne chiez pas sur le bureau de votre boss, Gabriel Attal veut encore toucher à l'assurance chômage.] 

1. le réveil: putain, je veux mourir, pourquoi je m'obstine à garder cette sonnerie de merde. 
2. les chiottes: je veux aller pisser, encore à moitié endormie. mais la cuvette est relevée. je ne le comprends que trop tard. il est à peine 7h, je suis féministe comme jamais.
3. le petit-déjeuner: le pain est rassis, j'ai oublié d'en racheter, je sais que je vais être en retard car je suis pas encore lavée. j'ai pas envie de me laver. je veux juste comater devant ma bouilloire en me grattant les fesses et en baillant comme une dératée.
4. la douche : j'y suis allée, dans un moment de lucidité. maintenant je laisse couler l'eau à 1000 degrés sur ma tête, je pense que c'est pas encore assez chaud, je vais encore rester comme ça 15 minutes, comme s'il y avait une seconde planète en roue libre dans le périmètre.
5. le petit-déjeuner - part 2: je me rappelle de l'existence de mon grille-pain. je le branche. court-circuit. je regarde mon pain rassis. j'ai envie de chialer. j'ai plus de lait de soja.
6. le télétravail: les clients ont décidé de tous m'appeler à 9h. à 12h, j'ai pas lu un email.
7. la pause-dejeuner: je me prépare une salade de quinoa, avec
des crevettes et un avocat. je veux un truc malsain mais j'ai fait mes courses en mode kendall jenner. je pense à me défenestrer.
8. la reprise: officiellement à 14h. officieusement 16h. je n'ai rien fait durant ce labs de temps, à part regarder ma vie dans le vide. j'embraille sur un email qui donne envie de péter mon crâne. je me remets en mode pause jusqu'à 17h55.
9. la fin du télétravail: je respire, m'allume une clope, et m'adosse au mur de mon salon. non, c'est faux. je jette violamment une balle rebondissante achetée 3 balles chez gifi. je suis une meuf edgy.
10. je décide de me mettre en pyjama. je mets 20 minutes avant de comprendre que je suis dans ce même pyjama depuis une semaine. ça fait une semaine que je suis en télétravail. je respire. je veux m'allumer une clope. je me rappelle que j'ai arrêté de fumer.
11. j'ai envie d'écouter de la musique. je ne peux pas. mon voisin écoute véronique sanson. je déteste véronique sanson.
12. le repas du soir: j'ouvre une boite de foie de morue avec de la mâche en écoutant un podcast sur un tueur en série. je prends le temps de réfléchir à ce que j'aurais fait pour élaborer le crime parfait en mangeant mon foie de morue.
13. l'homme m'envoie un message. il veut passer. je dis non. je pense qu'il va me rendre lesbienne. 
14. je fais la vaisselle (je déteste la vaisselle qui zone dans l'évier).
15. il est à peine 20 heures, je me suis réveillée en sursaut par mon propre ronflement. j'ai le menton humide.
16. je lance bones and all mais j'ai le générique de plus belle la vie dans la tête.
17. j'abandonne au moment où je me dis que timothée chalamet serait super dans plus belle la vie.
18. je pars dormir. avec toujours le générique de plus belle la vie dans la tête.

Demain est un autre jour.

Ou pas.

what i like about you


Ce que j'aime chez les gens:

- la passion. qu'on me raconte ce qui anime. je pourrais écouter quelqu'un pendant des heures me parler d'un truc insignifiant à mes yeux. je suis une fausse hater. j'aime les gens qui aiment.
- le second degré. ne jamais se prendre au sérieux. l'humilité.
- la décontraction. moi qui suis d'un naturel tendu, si j'ai quelqu'un en face de moi qui est relax, c'est comme si ça faisait effet miroir.
- le détail mode qui fait la différence. pas la peine que ce soit haute-couture, juste un truc qui me fait dire qui j'ai en face de moi.
- être à côté de la plaque, en constant décalage. ces personnes sont un ravissement. 
- cultiver un savoir inutile en balançant des anecdotes dignes d'une pisse à contre courant.
- être capable de faire son auto-critique, prendre du recul.
- les contrastes. j'ai du mal avec les personnes qui me ressemblent trop. non pas parce que je ne m'apprécie pas, mais seulement parce que j'apprécie qu'on m'emmène sur des terrains différents.
- la constance. l'engagement.
- la rebellion.
- les yeux rieurs.
- la maladresse.

i need to stop my excuses and have a real conversation



Quand j'étais môme, j'adorais faire des listes. J'en faisais vraiment pour tout et n'importe quoi. Mes premiers écrits, je les foutais sur mes jouets. J'avais une plaquette en bois, une espèce de jeux de dames un peu précaire. Au dos, j'y avais inscrit le nom de mes meilleurs potes de l'époque. C'était ma façon de m'entrainer à former des lettres. Peu à peu, j'ai pris le pli d'écrire tout ce qui me passait par la tête un peu partout, surtout sur les murs, que je recouvrais avec des posters de chanteurs de seconde zone pour pas que ma mère le découvre (elle le découvrait toujours). Je pense à ça parce que j'ai retrouvé chez mes parents mon premier carnet, ou plutôt un conglomérat de feuilles volantes reprenant le fil de mon esprit, à travers les âges. Des listes à n'en plus finir: ce que j'aimais, ce que je détestais. Des fantaisies de petite fille, à quoi devait ressembler mon prince charmant (spoiler alert, c'était même pas la Bête mais le prince Philippe, de la Belle au bois dormant - pas le mari de la reine d'Angleterre, sage mais téméraire, super bon danseur mais ayant des difficultés avec le concept de consentement et un peu manipulateur sur les bords).

C'était ma feuille de route, claire et précise. Chemin flêché qui putait la licorne et l'arc-en-ciel. J'avais vraiment ça en moi, la promesse du lendemain. J'y croyais en technicolor, béton armé, comme une pute attendant son Edward Lewis. Je sais pas pourquoi je tenais tant à fignoler ce monde intérieur, dans ses moindres recoins. Malgré les difficultés, je restais une enfant désespérément joviale, à sourire comme si je chiais des hirondelles. L'adulte que je voulais être, jusqu'au choix des pompes. Mes métiers rêvés, tout y passait (médecin la semaine et créatrice de mode le week end, travailler aussi peut-être à la Nasa, mais seulement si le temps me le permettait). Je plannifais tout mon être, dans ce qu'il y avait de plus absurde et de plus impossible, mais avec un certain panache et une vérité d'une naiveté confondante. J'étais pas conne, j'étais juste rongée par la vie qui me semblait délivrer un truc qui aurait pu ne pas être trop dégueulasse.

J'ai pris ces feuilles à Paris, et je les garde aujourd'hui précieusement, comme un trésor. Peut-être parce que j'aime vraiment beaucoup la gamine que j'étais, j'aime beaucoup l'image qu'elle renvoyait. Pipelette, gonflée d'espoir et de fun. On dit souvent qu'on a besoin de soigner son enfant intérieur, mais je crois que c'est mon enfant intérieur qui a surtout la mission de soigner l'adulte bordélique que je suis devenue. 

Ca me fait penser à cette chanson de Maisie Peters: i need to stop my excuses and have a real conversation. Je sais pas vraiment à quel moment j'ai décidé qu'il était plus facile de fuir. Pourquoi j'ai pris cette décision. C'est pas tellement une histoire d'instropection (même si ça en prend des airs) mais plus une manière pour moi de récupérer un peu de contrôle sur ce que j'avais laissé échapper. Vous savez, avoir à nouveau prise sur les événements. Ca me rappelle ce que disait un de mes exs: "tu choisis pas, tu choisis jamais, rien, t'attends qu'on te choisisse, t'attends qu'on choisisse pour toi". Dans ces moments, ça me foutait une rogne pas possible. Parce qu'il avait raison et bordel, qu'est-ce que je le détestais quand il me sortait ses discours à la con qui tapaient dans le mille. Pourquoi j'ai fait le choix de ne plus choisir. Pourquoi je me suis mise à fuir. Y avait pourtant cette gamine qui n'avait pas peur de balancer la convo et de s'y présenter. Je comprends pas ce qui a pu se passer, pourquoi je me suis enfermée dans cette trouille irrationnelle. Peut-être parce que mon enfant intérieur mettait la barre toujours plus haute et qu'à un moment, j'ai préféré me terrer dans un trou plutôt que de faire face à moi-même: j'ai été trahie par celle en qui j'avais le plus confiance. Quand on dit qu'on est toujours son pire ennemi.

Peut-être que je devrais commencer à faire une liste de toutes les choses que j'ai raté pour essayer de voir ce qui est réparable. 

Parce que je pense qu'il y a des choses réparable
s. Ca fera pas du tout, mais faut bien se refoutre sur le marché quelque part.

the is the way



Je n'ai rien foutu aujourd'hui. Absolument rien. Je me suis contentée de bouffer et de regarder le plafond. C'est à peine si j'ai bougé de mon canapé. Je crois que c'est parce que je m'apprête à boucler six années de chaos. Je sais pas trop ce qui va se passer après. C'est drôle, mais on s'habitue à ça. A vivre sans arrêt sur les nerfs, sur le fil. Je sais pas si je vais réussir à apprivoiser cette légèreté, ce poids qui s'évapore. Parfois, il faut savoir lâcher, pour le pire comme pour le meilleur. Mais c'est mon problème, je me complais dans le pire, le meilleur m'a toujours faire peur. 

the bug collector


C'EST LE WEEK END!

Je vous jure, celui-là, je l'ai attendu comme le Messie. Je sais même plus où foutre ma tête tellement ça part dans tous les sens. Juste, je priais pour être affalée dans mon canapé et regarder une série à la con.

Je pense que je vais passer mon samedi matin au cinéma, sans doute bouffer à Saint Germain des Prés et puis filer aux Arts Décoratifs, voir les expos Iris Van Herpen et Henry Cros. Je crois qu'il va faire beau. Lire au jardin du Luxembourg (j'avais adoré travailler dans le coin, je venais d'arriver à Paris, je vivais dans le 11eme, je pouvais encore rentrer dans un vêtement American Apparel, j'étais jeune, quoi).

Ca faisait un petit temps aussi que je n'avais pas fait de recos mais j'ai super envie de livre Pizza Girl, de Jean Kyoung Frazier et Berlin, de Bea Setton. Surtout Berlin. J'aime ces histoires de gens qui ne trouvent pas leur chemin. Ca rassure mon anxiété quant à mon propre chemin. J'ai toujours ce feeling qui me traverse pendant la rétrograde de mercure, ce qui me laisse penser que cette connerie doit bien avoir un fondement. 

Une compile de Majesty Crush est également sortie récemment, Butterfly don't go away (si vous aimez les années 90 et le shoegaze, vous allez passer un très bon week end à l'écouter). Ride fait un comeback. Ca, ça me rend heureuse. C'est clairement un disque inutile mais faut bien nourrir les nostalgiques.

Suite au prochain épisode.

sympathy is a knife

 

Je voudrais bien vous dire que je suis aussi douce et arérienne qu'un paquet de pq rose lotus mais ce serait vous mentir. J'ai la haine. Je tourne comme un lion en cage, tout m'énerve. J'ai l'impression d'être en syndrome prémentruel non stop. Je sens bien qu'il se passe un truc, la preuve, j'écoute par alternance You oughta know d'Alanis Morissette et What was i made for de Billie Eilish (une étude disait qu'on écoutait généralement Slipknot quand on éprouvait une espèce de colère refoulée, je peux vous dire que ça n'égale pas le level de rage dans lequel Jagged Little Pill est capable de me foutre) (avant de me faire retomber et de me faire chialer comme un môme à qui on a sucré ses bonbons favoris).

Dizième jour de grève. J'ai fait le plein de fruits, même si c'est pas ça. Je suis au bout du rouleau. Si je vois encore des clémentines ou des pommes, je commets un meurtre. Je ne rêve que d'abricots et de pêches, de salades d'été à base de melon et de feta. J'en peux déjà plus du mois d'avril. Passons tout de suite en mai.

Je crois que je vais aussi aller me refaire 13 going on 30, du rose et Mark Ruffalo dans un tshirt du CBGB. C'est un des rares personnages masculins qui m'apaise. Déjà parce que Jenna arrive chez lui sans crier gare, se met à paniquer, l'engueule et lui, retrouve d'emblée ses codes de golden retriever en lui apportant de l'eau et un oreiller moelleux sans chercher à comprendre. 

Soyons plus Matt Flamhaff les uns avec les autres.


baby spice

 

(oui, encore une photo de lui) (non, j'en aurais jamais marre) (faites-moi un procès)

home sweet home



L'intérieur de Cara Delevingne était incroyable mais j'aurai toujours une tendresse particulière pour la simplicité des maisons de Dakota Johnson et de Taylor Swift. J'aime quand les personnes riches font bonne utilisation de leur thune. Ca ne me fait pas regretter d'aller voir leur film de merde ou d'écouter leurs déboires sentimentaux sur fond de pop rance.

Par exemple, cette cuisine là, pour moi, il n'y aura jamais mieux (j'ai écumé pendant des heures pinterest, je ne vous refourgue pas un chèque en blanc, vous pouvez me croire sur parole). 




Pendant ma vingtaine, j'ai beaucoup aimé bouger, mais aujourd'hui, j'éprouve le besoin viscéral de me poser. Je ne peux pas dire à quel point un intérieur peut littéralement changer ma manière d'être. Je ne peux pas être que dans le confort d'un canapé, il faut aussi que je m'entoure de choses qui m'inspirent, que je trouve belles, selon ma propre définition. Une sorte de prolongement de moi-même, mais fait de bois et de merdes achetées chez Action et à l'Emmaus du coin. Je rejette de plus en plus Paris, aussi. Je ne suis pas faite pour un appartement. Il me faut un jardin, des poules et un grenier hanté. 

Je suis un peu dans cette phase de ma vie où je suis comme ce personnage de Julia Roberts dans Just Married, qui fuit tous les mecs qui veulent l'épouser. Il y avait cette scène, avec Richard Gere, qui lui avait dit qu'en fait, elle était juste incapable de savoir qui elle était en lui prouvant qu'elle n'était même pas foutu de déterminer ses oeufs préférés. Je crois que c'est un peu mon problème, parfois. D'être très affirmée, mais pas forcément pour les choses essentielles, du type comment aimer ses oeufs ou encore décorer ses propres chiottes. Je crois que ça remonte à mon enfance: "tu peux faire ce que tu veux, tu peux aimer ce que tu veux". Ca m'avait toujours fatigué, ces potientiels illimités. Alors par fainéantise, je faisais du suivisme. Par simplicité, je me résorbais. C'était moins contraignant de coller à une image pré-établie. Tout le monde était content et moi je pouvais regarder peinarde Buffy contre les vampires le samedi soir sans qu'on vienne me faire chier. Mais c'est après que ça s'est gâté. Quand j'ai commencé à empiler. Je devenais un jenga, prête à s'écrouler à chaque instant. C'était mon principal problème, je voulais toujours prendre le chemin le plus court pour arriver à la solution la plus simple. Sauf que la vie, ça se joue pas sur cette dynamique: parfois, faut savoir aussi se perdre un peu pour faire les choix les plus éclairés. Et surtout, prendre du temps pour soi. On a beau être sur internet et dans l'ego trip, ça n'empêche qu'on a nos quotidiens et nos pressions de merde qui ne se marient pas toujours forcément à nos aspirations déconnantes.









Je pense que c'est un peu pour ça, que j'ai commencé à écrire des blogs. D'abord, pour ressasser. Ensuite, pour comprendre. Et au final, pour contempler ce qui reste sur la table.

La suite au prochain épisode.

the mars club


Je tue pour une girls night avec Jennifer Lawrence, Emma Stone et Adele. Emma Stone bourrée, j'ai pas vraiment d'idée du résultat. Mais bordel, assister à une conversation entre une Adele torchée et l'alter ego alcolisé de Lawrence, Gail, rien que d'y penser, j'ai des palpitations. Quand j'étais jeune, il m'arrivait de ne pas toucher une seule goutte juste pour avoir le plaisir d'interagir avec mes potes sur le fil du coma éthylique. C'est le moment où les personnalités sont le plus flamboyantes, ou plus terribles. C'est là où tu cernes, où tu vois. Ne buvez jamais devant moi, si vous avez des choses à cacher, vous aurez droit à une pyschanalyse des plus poussées.

Journée de Pâques plutôt réussi. J'ai fait une overdose de macarons et d'oeufs en chocolat. J'ai fini un puzzle et j'ai commencé à relire Le Mars Club de Rachel Kushner. Il y a de ces oeuvres qui vous suivent vraiment partout. D'une manière générale, j'aime beaucoup lire sur des thématiques aussi difficiles que l'univers carcéral, d'autant plus quand il s'agit de femmes écrites par une femme. Pour celles et ceux qui ne visualisent pas, on y suit Romy, mère d'un enfant de 7 ans, qui s'est retrouvée en taule après avoir tué un de ses clients, dans une boîte de strip-tease. Le livre retrace comment cette femme, 29 balais et originaire de San Francisco, a pu se retrouver dans ce bourbier. Elle y dépeint son adolescence dans les années 80, décénnie d'espoirs pétées pour paumés à la recherche du rêve américain qui les a laissé sur le carreau, et surtout, son enfermement, autant physique que mental. Sous la plume de Kushner, Romy résume ce drame qui se dessine en filigrane: "Le problème, avec San Francisco, c'est que je ne pourrais jamais y avoir un avenir, seulement un passé".

Ce livre là, c'est crade, c'est lumineux, c'est violent, c'est touchant. Il y a ce passage, qui me retournera toujours: "Le regret. Ils vous obligent à centrer votre vie sur un acte, l'acte que vous avez commis, et vous devez évoluer à partir de ce qu'il est impossible d'abolir : ils veulent que vous fassiez quelque chose à partir de rien. Ils finissent par vous pousser à les haïr, à vous haïr. Ils créent l'illusion qu'ils sont le monde et que vous l'avez trahi, que vous les avez trahis, mais le monde est tellement plus vaste. Le mensonge du regret et d'une vie qui s'écarte du bon chemin. Quel chemin. La vie, c'est le chemin". Ce n'est pas qu'une histoire de sens de la formule, c'est tout ce qui en découle. Se prendre un coup en l'espace de cinq mots. J'admire vraiment Romy, pour sa clairvoyance, son équilibre précaire. Je pourrais la citer au détour de chaque page. Pour sa force, sa faiblesse, de n'être qu'une femme, un être humain, qui a jugé faire ce qui devait être fait pour survivre.

Le Mars Club, pour moi, c'est plus qu'une simple oeuvre littéraire, c'est une sucession de leçons, pas toujours évidentes, qu'il faut mettre du temps à appréhender, à digérer. C'est une histoire d'acceptation, de lâcher prise. Pour le meilleur comme pour le pire.