You rot in your bedroom, you cry on the phone
Well I'm sorry, but he's not at home
You give me your secrets, you give me your heart
And I smile whilst you fall apart
Ce qui est pratique quand on travaille tout près de la Seine, c’est qu’on peut faire semblant d’avoir une vie douce. Un pique-nique, par exemple. Une nappe, du vent, des tomates trop chères et l’impression que tout va bien parce que le soleil tape au bon endroit.
Nadia a eu cette idée pour mercredi. Et ça me rend bêtement heureuse. Oui, ça m’arrive. De manière sporadique. Comme une éclaircie mal calée dans un mois de novembre.
Je ne pourrai pas l’accompagner voir The Last Dinner Party, ce qui me frustre un peu parce que j’aime les filles qui ont l’air de sortir d’un pensionnat gothique sous amphétamines. Mais j’envisage très sérieusement Pulp. Et vieillir avec Jarvis Cocker me paraît être une option tout à fait acceptable. C’est toujours rassurant de voir des gens plus élégants que soi traverser le temps sans s’excuser.
A part ça? Rien de spectaculaire. Pas de drame. Pas de révolution intérieure. Juste moi, mon tricot, et un nouveau livre posé à côté du lit.
J’ai commencé Les Nuits Blanches d’Urszula Honek. Et je le répéterai jusqu’à l’épuisement: lisez des autrices polonaises. Elles n’écrivent pas pour séduire. Elles écrivent comme on creuse un trou derrière la maison.
Pour l’instant, j’aime beaucoup. Parce que ça sent l’été qui pourrit dans le calme. L’herbe trop haute. Les lacs opaques. Les promesses qu’on fait quand on a dix-sept ans et aucune idée de ce qu’est le monde.
Ça me replonge dans mes vacances au bord de mon étang favori. A errer comme un fantôme, oui. Dans les bras d’un type que je n’ai jamais vraiment aimé mais que j’ai utilisé comme fond sonore. A faire des plans sur la comète pour un avenir qui n’avait même pas pris son billet. A remplir des carnets entiers pour ensuite les brûler avec une sorte de solennité adolescente, persuadée que je détruisais quelque chose d’essentiel alors que je ne faisais que produire de la fumée.
On ne le dit pas assez, mais la Pologne est un décor idéal pour rater sa vie avec panache.
Elle a cette lenteur mystique, ce catholicisme poussiéreux, cette mélancolie qui colle aux mollets. On peut très bien y attendre un miracle pendant des années sans que rien ne se passe. Et continuer quand même.
Il y avait ce petit autel sur le bord de la route, j’ai oublié le nom du village, évidemment, sinon c'est pas drôle, avec une Vierge sous plexiglas. Je m’arrêtais souvent. J’espérais toujours un signe. Pas grand-chose. Une larme qui coule le long de sa joue en bois. Une fissure. Un clignement d’yeux. Un truc un peu biblique pour valider le chaos intérieur.
Mais non.
Rien.
Juste des mouches et le bruit des camions au loin.
C’est peut-être ça que j’aime dans ce livre, pour le moment: il ne promet pas de miracle. Il laisse les vies se consumer lentement, sans musique dramatique. Les gens s’aiment mal. Espèrent mal. Croient mal. Et continuent quand même.
Finalement, c’est honnête.
Je ne pourrai pas l’accompagner voir The Last Dinner Party, ce qui me frustre un peu parce que j’aime les filles qui ont l’air de sortir d’un pensionnat gothique sous amphétamines. Mais j’envisage très sérieusement Pulp. Et vieillir avec Jarvis Cocker me paraît être une option tout à fait acceptable. C’est toujours rassurant de voir des gens plus élégants que soi traverser le temps sans s’excuser.
A part ça? Rien de spectaculaire. Pas de drame. Pas de révolution intérieure. Juste moi, mon tricot, et un nouveau livre posé à côté du lit.
J’ai commencé Les Nuits Blanches d’Urszula Honek. Et je le répéterai jusqu’à l’épuisement: lisez des autrices polonaises. Elles n’écrivent pas pour séduire. Elles écrivent comme on creuse un trou derrière la maison.
Pour l’instant, j’aime beaucoup. Parce que ça sent l’été qui pourrit dans le calme. L’herbe trop haute. Les lacs opaques. Les promesses qu’on fait quand on a dix-sept ans et aucune idée de ce qu’est le monde.
Ça me replonge dans mes vacances au bord de mon étang favori. A errer comme un fantôme, oui. Dans les bras d’un type que je n’ai jamais vraiment aimé mais que j’ai utilisé comme fond sonore. A faire des plans sur la comète pour un avenir qui n’avait même pas pris son billet. A remplir des carnets entiers pour ensuite les brûler avec une sorte de solennité adolescente, persuadée que je détruisais quelque chose d’essentiel alors que je ne faisais que produire de la fumée.
On ne le dit pas assez, mais la Pologne est un décor idéal pour rater sa vie avec panache.
Elle a cette lenteur mystique, ce catholicisme poussiéreux, cette mélancolie qui colle aux mollets. On peut très bien y attendre un miracle pendant des années sans que rien ne se passe. Et continuer quand même.
Il y avait ce petit autel sur le bord de la route, j’ai oublié le nom du village, évidemment, sinon c'est pas drôle, avec une Vierge sous plexiglas. Je m’arrêtais souvent. J’espérais toujours un signe. Pas grand-chose. Une larme qui coule le long de sa joue en bois. Une fissure. Un clignement d’yeux. Un truc un peu biblique pour valider le chaos intérieur.
Mais non.
Rien.
Juste des mouches et le bruit des camions au loin.
C’est peut-être ça que j’aime dans ce livre, pour le moment: il ne promet pas de miracle. Il laisse les vies se consumer lentement, sans musique dramatique. Les gens s’aiment mal. Espèrent mal. Croient mal. Et continuent quand même.
Finalement, c’est honnête.

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