my friends killed my folks - PART II


La dernière fois que j'ai vu Herman Dune, c'était une autre vie. Pas la mienne, ou en tout cas pas celle que je reconnais quand je me regarde dans le miroir le matin. Une vie d'avant, floue, appartenant à quelqu'un qui avait les mêmes mains que moi mais pas les mêmes raisons de sortir le soir.

Donc dans quinze jours j'y retourne. Et franchement, je m'y attendais pas. Vraiment pas. Je suis pas du genre à anticiper les trucs qui font du bien, j'ai plutôt l'habitude de les rater ou d'arriver en retard quand ils sont déjà à moitié terminés.

Soirée prévue chez Sweet Jane avant. J'avais besoin de ça sans savoir que j'avais besoin de ça, vous voyez le truc? Le genre qui se pointe pas avec une pancarte, qui attend juste dans un coin que vous ayez fini de faire semblant que tout va bien tout seul.

Parce que pendant longtemps je me prenais pour une louve solitaire. J'avais construit toute une identité là-dessus (la fille qui n'a pas besoin de grand monde, qui recharge ses batteries dans le silence, qui préfère ses pensées à la plupart des conversations). Et c'est pas faux. Mais c'est pas toute la vérité non plus. La vérité c'est qu'être entourée me donne une énergie que je savais pas que j'avais. Comme une pile qu'on croyait morte et qui repart.

C'est con à dire mais c'est exactement comme les petits pois. Je croyais détester les petits pois. J'en avais fait un principe, presque une personnalité. Et puis un jour quelqu'un m'en a mis dans l'assiette et j'ai mangé sans réfléchir et c'était bien. Voilà. Parfois on a juste tort sur soi-même et c'est pas grave, c'est même plutôt une bonne nouvelle.

Encore quelques mois et je vous jure que je vais devenir totalement sociable, souriante, charmante. Le genre de personne qui arrive à l'heure et qui sait quoi répondre quand on lui demande comment elle va.

Prévenez-moi si vous me voyez venir.

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