you took the words right out of my mouth


J'ai encore terminé une toile ce soir avec en bruit de fond la série sur Caroline et John John. J'avoue avoir du mal à me foutre dedans, déjà parce que mon cerveau n'arrête pas de voir Natascha McElhone alors qu'il s'agit de Sarah Pidgeon (coucou Jack Parker, merci de m'avoir confirmé que je n'étais pas folle), mais surtout parce que j'ai tellement vécu cette histoire dans ma chaire que je n'arrive pas à m'y retrouver. Je sais pas, il manque ce truc, cette ambiance. Les robes Calvin Klein ont un goût d'H&M et Junior est aussi expressif que son vélo. Vraiment, j'aime bien Ryan Murphy, mais je pense qu'il serait temps qu'il arrête et qu'il se contente uniquement de faire des choses qui se passent dans des maisons hantées avec Alexandra Breckenridge sur une balancelle.



J’ai également terminé All The Lovers In The Night de Mieko Kawakami. Là, au moins, il y a du silence. Du vrai. Une femme qui ne sait pas très bien comment exister dans le monde sans s’excuser d’être là. Rien n’explose, rien ne brille, mais tout vibre doucement. Ça m’a fait plus d’effet qu’une reconstitution de dynastie américaine en robes mal coupées. 

C’est l’histoire d’une femme qui corrige les textes des autres et qui n’arrive pas à corriger sa propre vie. Elle vit la nuit, elle évite le bruit, elle regarde les gens comme à travers une vitre. Elle ne sait pas très bien comment entrer dans une pièce sans avoir l’impression d’être en trop. 
Il ne se passe presque rien. Pas de drame spectaculaire, pas de grande passion. Juste une solitude très propre, très blanche, presque clinique. Une fatigue d'exister. Et cette question qui revient en boucle: comment être au monde quand on a toujours appris à se faire petite? 

Elle rencontre un homme, évidemment. 
Mais même ça, ce n'est pas romantique. C'est fragile, maladroit, suspendu. Comme si l'amour était une possibilité théorique plus qu’un événement. Ce que j'ai aimé, c'est que le livre ne cherche pas à séduire. Il ne met pas de filtre. Il accepte le vide, l'ennui, les silences. Et c'est peut-être ça, le thème principal: la difficulté d'exister quand on a grandi en se rendant invisible. La lumière des néons, la nuit, l'alcool, les conversations trop longues…Tout est une tentative de sentir quelque chose. Même faiblement. 

En refermant le livre, je me suis dit que certaines vies ne sont pas faites pour être spectaculaires. Elles sont faites pour être supportées. Observées. Endurées. Et parfois, timidement, aimées.

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