
J’ai beaucoup fanfaronné sur ces histoires de thérapie,
comme quoi ça servait finalement à que dalle et je suis bien obligée d’admettre
qu’après cette semaine passée à m’être prise des baffes par tous les
professionnels de santé possible, ça peut avoir son petit effet. Je dis pas que
je vais pas de temps en temps ne pas reprendre les sales habitudes (à savoir,
foutre la tête dans le sable et attendre l’apoplexie) mais disons que je pense
maintenant que regarder les choses en face en respirant, ça a aussi ses
avantages.
C’est con, mais je ne m’élève véritablement que dans la violence du propos.
Faut pas me parler comme à une enfant de cinq ans. Ca sert à rien, surtout
quand on aime foutre les doigts dans la prise. Non, faut me laisser me prendre
la décharge tout en augmentant le point d’impact. Résultat, j’ai eu l’impression
de revivre ma vingtaine, à zoner en culotte de ma chambre au frigo, puis du
frigo à ma chambre, en écoutant soit du Mazzy Star soit en regardant des films
de Gregg Araki.
Le problème avec la thérapie, c’est que ça enlève les grandes tirades. On ne
peut plus dire "je suis comme ça, point". On est obligée de dire
"je suis comme ça… parce que". Et le "parce que" est
toujours moins glamour. Il implique une responsabilité. C’est
insupportable. Je crois que j’aimais bien l’idée d’être ingérable. Ça
donnait un genre. Une héroïne fatiguée, un peu dramatique, qui écoute trop fort
des chansons tristes et qui confond intensité et profondeur. C’était
confortable. On peut tout justifier quand on se pense excessive par nature. On
appelle ça un tempérament. Ça évite d’appeler ça un mécanisme.
Ce que personne ne dit, c’est que regarder les choses en
face, c’est d’un ennui total. Il n’y a pas de musique en fond. Pas de ralenti.
Juste toi, ton souffle, et des phrases très simples. "Tu reproduis ce que
tu connais." "Tu anticipes l’abandon." "Tu cherches la
décharge pour éviter l’attente." Merci, au revoir.
Et puis il y a ce moment humiliant où tu comprends que personne ne t’a jamais
demandé d’être aussi dramatique. Que la plupart des gens se contentent de
vivre, de faire les courses, de répondre aux mails, de tomber amoureux sans
imaginer la catastrophe finale. C’est presque vexant.
Cette semaine, j’ai essayé un truc presque obscène: ne pas dramatiser. Etre
juste un message sans réponse. Ne pas transformer la moue en présage, ni la
fatigue en abandon programmé. C’est fou le temps libre qu’on se récupère quand
on arrête de produire des catastrophes en série.
Je me suis surprise à ne pas courir après la décharge. À ne pas chercher l’étincelle
juste pour vérifier que je suis encore vivante. Après, je ne vais pas prétendre
que je suis guérie de moi-même. J’ai encore le réflexe du bras tendu vers la
prise. Mais il y a maintenant une micro-seconde de lucidité avant le contact.
Une hésitation. Et cette hésitation-là, mine de rien, change tout.
Ce n’est pas spectaculaire. Simple. Mais c’est plus difficile que le chaos.
J’ai l’impression que 2026 a une gueule de crise existentielle (ouais, je suis pas la dernière à dramatiser non plus).
RépondreSupprimeren fait, on aurait du rouvrir un skyblog.
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SupprimerLa petite culotte : véritable tenue de combat universelle quand la vie te fout sur la gueule façon Rocky Balboa XD. Effectivement 2026 nous balance bien quelques rounds dans la vue, là. " You, me, or nobody is gonna hit as hard as life. But it ain't about how hard you hit. It's about how hard you can get hit and keep moving forward. How much you can take and keep moving forward. That's how winning is done!" <3
RépondreSupprimerje trouve quand même 2026 plus doux que 2025. ça, c'était vraiment une bonne année de merde.
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