california here we come

 

Pardon mais il n’y a que moi qui reste exprès dans des endroits froids juste pour ressentir quelque chose, genre la chair de poule comme preuve matérielle que je suis encore vivante? Je crois que mon corps a développé une stratégie de survie contre la canicule: emmagasiner du froid comme on remplirait une caisse d’archives, sauf que c’est une caisse émotionnelle, planquée quelque part entre le sternum et un souvenir mal rangé. Une sorte de puits sans fond de désespoir, installé dans un cœur et une âme oubliés dans un freezer industriel.

Je reviens de Lille où j’ai acheté un t-shirt de Christina Aguilera et, objectivement, ça m’a rendu très heureuse. C’est la couverture de Stripped, évidemment. Sans doute le meilleur album pop des années 2000, mais surtout un album qui n’a jamais cherché à être le meilleur (et c'est exactement pour ça que je l'aime). Il y a des disques comme ça qui te tiennent compagnie sans te juger. J’ai une tendresse profonde pour les numéros 2 de la pop. Christina Aguilera, les All Saints. Celles qui n’ont pas forcément gagné la guerre du récit officiel, mais qui ont laissé des traces beaucoup plus intéressantes que les victoires. Je crois que j’ai fini par aimer les œuvres qui tiennent dans cet endroit-là. .

Je suis allée voir Jim Queen et Supergirl. Et sans savoir exactement pourquoi, ça m’a fait du bien de voir des personnages comme ça. Des personnages qui picolent, qui sont vulgos, qui improvisent leur propre logique en temps réel, qui ne cherchent pas à être impeccables ni même forcément cohérents. Des personnages qui échouent un peu à être des modèles, et qui, justement pour ça, respirent. Il y a quelque chose de reposant dans ces figures-là. Comme si, pendant une heure ou deux, on arrêtait de nous demander d’être nets, performants, alignés. Comme si on pouvait juste dériver avec eux, sans but précis.

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