Un peu silencieuse en ce moment.
Pas que je n'ai rien à raconter. J'ai des choses à raconter. J'ai même des opinions très fermes sur plusieurs sujets d'importance variable. Mais je me suis perdue dans l'édition polonaise de Love Is Blind il y a quelques jours et j'ai un peu de mal à remonter à la surface. C'est une de ces séries qui te happe pas parce qu'elle est bonne (elle n'est pas bonne) mais parce qu'elle est exactement calibrée pour court-circuiter toute velléité de faire quoi que ce soit d'utile de sa soirée. Tu regardes un épisode. Puis un autre. Puis à un moment tu réalises qu'il est deux heures du matin, que tu as mangé des chips debout directement dans le sachet et que tu t'es émotionnellement investie dans le parcours sentimental d'une femme prénommée Daria que tu ne connaissais pas il y a quatre heures (bordel, je veux que Daria devienne ma meilleure amie).
Ce qui me fascine dans l'édition polonaise en particulier, c'est que c'est une des rares cultures où j'apprécie à peu près les hommes. Et je dis ça sans ironie particulière. Les mecs polonais dans cette série pleurent. Pas le genre de "une larme virile au coin de l'œil pendant un coucher de soleil" qu'on te vend dans les pubs de parfum. Non. Ils pleurent vraiment. Ils sont assis en face d'une femme qu'ils connaissent depuis douze jours dans un décor en faux marbre et ils laissent partir quelque chose d'authentique sur leur visage sans immédiatement chercher à le remballer, entre deux blagues de bite (ils sont vulgaires en plus d'être sensibles). C'est déroutant. C'est presque touchant. Je regardais ça avec une espèce d'incrédulité bienveillante, comme si j'avais découvert une espèce animale qu'on me disait éteinte.
Et puis il y a les femmes. Qui veulent toutes, au fond, la même chose. Pas l'amour romantique dans sa version grand spectacle. Juste avoir la putain de paix. Être choisies par quelqu'un qui les regarde vraiment, qui ne leur complique pas l'existence, qui se souvient de ce qu'elles ont dit la semaine dernière. Une robe de mariée. Un homme qui pleure au bout du couloir. La paix.
C'est un désir tellement simple qu'il en devient presque révolutionnaire à l'écran.
Sinon Varsovie, parce que la série se déroule entre autre à Varsovie et que j'ai des opinions là-dessus aussi (on mange bien à Varsovie). Je ne sais pas exactement pourquoi, je n'ai pas creusé la question, mais c'est un fait. En revanche la ville en elle-même est une expérience esthétique assez particulière. Allez à Cracovie. C'est plus joli, il y a de très bons bars, l'architecture ne ressemble pas à un exposé de lycée sur le brutalisme soviétique. Le seul bémol c'est qu'on y mange moins bien. La vie est rarement parfaite sur tous les axes.
Je remonterai à la surface bientôt.
nie pamiętam której nocy
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