I never learned to park correctly

 

J'ai la cover d'Espresso par Gigi Perez qui tourne en boucle. J'ai cette fascination pour les gens capables de s'approprier un titre avec autant d'existence, comme si la chanson avait toujours été la leur et que Sabrina Carpenter n'en était que la version provisoire.

Je repense à l'année dernière, à cette période précise. J'aime bien regarder dans le rétro pour me prouver que j'avais raison. Stopper, se choisir. J'ai toujours eu du mal avec ça. Me prioriser, c'est un muscle que j'ai mis du temps à trouver, et encore plus de temps à utiliser sans culpabiliser. C'est drôle quand même. Plus de vingt ans que je me raconte sur des blogs. Mais le 20six ne fait pas l'influenceur, et honnêtement, je ne saurais pas quoi vendre.

Je n'aime pas le terme santé mentale. Parce que je pense qu'il y a quelque chose de presque sain de se dire qu'on va envoyer tout ce qui nous entoure se faire foutre. Pas une crise. Juste du bon sens. Au même titre que rouler des yeux à s'en arracher la cornée à l'écoute du mot team building. Ce n'est pas un symptôme. C'est une réaction appropriée.

Je repense à cette scène dans Garden State. Les trois sur l'affiche, qui hurlent comme si la vie l'exigeait. Je pense qu'on irait beaucoup mieux collectivement si on se permettait ça plus souvent. Hurler n'importe où, renverser des bureaux pour un énième séminaire qui nous explique très poliment que notre temps ne nous appartient plus. Qu'il est la propriété de mecs en costard qui sont au fond des encadrants de crèches pour adultes.

Je ne sais pas. On pourrait juste lire, peindre, s'occuper d'un potager. Regarder une chanson tourner en boucle et se demander comment on fait pour habiter une chose pareille.

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