let the sun in



(Ce qui est très agaçant avec les photos d'Elle Fanning, c'est qu'elles sont toutes taillées pour illustrer l'été. Est-ce que j'aurais assez de bonne humeur à partager ici pour justifier de vous les montrer? JE PENSE QUE OUI.)

La semaine est vraiment très agréable. Déjà parce que je suis en congés, mais aussi parce que je me suis remise à faire des trucs des années 90 que j'adorais: lire un magazine, m'asseoir tête en bas sur le canapé ou encore téléphoner sur un appareil fixe en enroulant le fil autour de mon doigt. Le tout arrosé de glace au matcha (matcha 4 life) et de crêpes (il fait chaud, je mangerai tout ce qu'il ne faut pas parce que je suis une adulte avec un compte en banque et suffisamment de répondant pour obtenir un rendez-vous en urgence chez mon médecin traitant si besoin).

J'aime bien ce que les vacances font au cerveau. Elles remettent les détails au premier plan. On ralentit suffisamment pour retrouver des gestes qu'on avait complètement oubliés, et pour qu'une phrase entendue dans une vieille interview nous accompagne toute la journée.

Je suis justement retombée sur cette interview de Lana Del Rey et Courtney Love, en 2017, à l'époque de Lust for Life. A un moment, Courtney Love explique à Lana qu'elle a créé un monde, un personnage, une énigme, et qu'elle-même n'a jamais réussi à faire ça, mais qu'elle le ferait si elle pouvait recommencer.

Courtney Love. Qui dit ça. A elle.

Cette phrase m'est restée dans la tête toute la matinée. Plus que je ne saurais vraiment expliquer pourquoi. Une légende vivante qui regarde la suivante et lui dit: tu as fait ce que je n'ai jamais su faire. Pas de jalousie dans la voix, juste un constat, presque tendre, presque fatigué. Deux femmes qui ont fini par devenir des personnages plus grands qu'elles-mêmes et qui en parlent comme on parle d'un sweat qu'on a prêté à quelqu'un d'autre. On le regarde, de loin, lui aller mieux qu'à nous.

J'ai trouvé ça beau. Peut-être parce qu'on imagine rarement les artistes parler de leur propre légende avec autant de simplicité. Peut-être aussi parce qu'il faut une certaine paix avec soi-même pour reconnaître chez quelqu'un d'autre ce qu'on aurait aimé construire.

En tout cas, c'est le genre de phrase qui n'aurait probablement pas retenu mon attention un lundi matin au bureau. Mais en vacances, entre une glace au matcha, un vieux magazine et trente degrés dès neuf heures, elle a trouvé exactement la place qu'il lui fallait.

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