electric lips on endless legs, chaotic fury on breathless heels


Dans une autre vie, j’aimais aller dans un bar à Amiens pour boire des bières et jouer aux fléchettes. Je pensais à ça cet après-midi en tricotant un bonnet pour Francette. Je me suis dis que je pourrais y retourner un peu plus souvent, à Paris. Pour boire des bières, jouer aux fléchettes et tricoter des trucs pour Francette. Je crois que c’est ça, être punk en 2026. Back to basics, mais avec l’âme d’une clubbeuse du troisième âge.

Donc dans cet élan de retour aux fondamentaux, j’ai commencé Film Club cet après-midi (ok, ça n’a rien à voir mais j’avais envie de vou en parler) (restez un peu, vous allez comprendre).

Six épisodes. BBC Three. Aimee Lou Wood qui co-écrit et joue dedans, ce qui est déjà une raison suffisante. Elle interprète Evie, agoraphobe et cinéphile, qui organise chaque semaine une soirée ciné dans le garage de sa mère avec son meilleur ami Noa. Et quand Noa annonce qu’il déménage à Bristol, les deux sont forcés d’admettre que ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre dépasse légèrement le cadre de l’amitié. Légèrement.

C’est le genre de prémisse qu’on a vue mille fois. Sauf que là ça fonctionne. Parce que Aimee Lou Wood a cette capacité rare à être complètement attachante sans jamais être mièvre, à jouer l’embarras émotionnel sans que tu aies envie de regarder ailleurs. Et parce que la série fait quelque chose d’assez malin: Evie et Noa communiquent presque exclusivement en citations de films plutôt qu’en se disant les vraies choses. Parce que les vraies choses sont trop compliquées, trop exposées, trop risquées. Les références culturelles comme langue maternelle. Comme armure. Comme façon d’être intime sans avoir à l’admettre.

Je connais ce truc. Je le connais très bien.

L’art du désir inexprimé, de la tension qui s’accumule sans jamais se résoudre, ce truc que le cinéma et les séries ont complètement abandonné au profit du passage à l’acte immédiat et de la communication saine et adulte. Bah Film Club le remet au centre. Et franchement ça fait du bien. Parce qu’il y a quelque chose de profondément humain dans ces sentiments qui n’osent pas encore dire leur nom, dans ces deux personnes qui savent très bien ce qui se passe et qui font semblant que non parce que tant que c’est pas dit c’est encore intact.

J’ai tricoté pendant les deux premiers épisodes. Francette dormait sur mes pieds. C’était exactement la bonne façon de vivre son dimanche. Il manquait juste un bar et des bières.


Punk, je vous dis.

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