If I die clutching your photograph don't call me boring it's just cause I like you


Le bonheur, c'est la sieste du samedi après-midi avec son chien.

Je ne sais pas ce qui m’arrive en ce moment. Quelque chose qui ressemble à une envie d’exister quelque part. Pas de manière spectaculaire, pas de grand projet, pas de déclaration d’intention. Juste poser des mots, régulièrement, comme on pose des affaires sur une table en rentrant chez soi. Pour que ça prenne de la place quelque part en dehors de ma tête.

Un blog, un journal intime, c’est un peu pour ça. Exister autrement. Dans un endroit qui reste quand tu fermes l’écran.

Je me rappelle d’une lectrice, à l’époque où les blogs marchaient vraiment, où les gens avaient des blogs comme ils ont des plantes, avec le même mélange de soin et d’abandon. Elle m’avait dit, avec ce ton légèrement condescendant de quelqu’un qui pense avoir tout compris: « c’est une façon d’avoir ses quinze minutes de gloire. » Et moi je n’avais pas su lui répondre. J’avais avalé ça de travers sans trouver les mots.

Quinze ans plus tard, je peux.

Un blog, ce n’est pas quinze minutes de gloire. La gloire ça passe, ça se dissout, ça ne laisse rien. Un blog c’est le contraire, c’est lent, c’est accumulatif, c’est une trace qui se construit sans qu’on s’en rende compte. C’est écrire le mardi soir pour personne en particulier et retrouver ce texte des années plus tard comme une lettre qu’on s’est écrite sans le savoir. C’est exister quelque part de manière un peu têtue, un peu tranquille, dans un coin d’internet que personne visite mais qui est là quand même.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire