
Je ne sais plus qui disait ça, mais je suis d'accord, je voudrais bien avoir un matelas à mémoire de forme Dua Lipa.
Vraiment, ce Chris Isaac, il en fait de ces choses. Petite, devant la télé, le clip de Wicked Game. Chris Isaak en noir et blanc sur une plage avec Helena Christensen qui se tortille dans le sable et personne ne fait semblant que ce n'est pas vraiment un clip musical. C'est du sexe filmé avec un budget et une autorisation de diffusion. Mon cerveau a pris une photo, l'a rangée quelque part, et a attendu.
Il a attendu plus de vingt ans.
Le truc avec les crooners c'est qu'on se fout de la gueule des femmes qui les écoutent. Les femmes qui ont un chanteur à elles, une voix qui leur fait un truc quelque part, qu'elles écoutent un soir de semaine en se sentant très mystérieuses. Je les ai regardées longtemps avec cette condescendance tranquille de quelqu'un qui est absolument certain de ne jamais tomber dans ce panneau-là. Ma mère et les autres avec leurs chanteurs amoureux à la con.
Bah voilà.
Ce que je n'avais pas compris petite devant ce clip, ce que j'ai mis vingt ans à formuler, c'est que Chris Isaak ne fait pas de la musique romantique. Il fait de la musique sur ce que le désir fait aux gens. Ce n'est pas la même chose. Le romantisme console. Lui, il ne console pas. Il décrit. Et il décrit avec une précision qui fait mal parce que c'est exactement ça, exactement cette façon qu'ont les choses de nous échapper au moment où on croit les tenir.
Wicked Game n'est pas une chanson d'amour. C'est une chanson sur quelqu'un qui sait très bien ce qui va se passer et qui y va quand même. Ce monde is only gonna break your heart. Il te prévient. Il le dit dès le début. Et t'y vas quand même parce que c'est ça ou rien et que rien c'est pire.
A dix ans je ne savais pas mettre des mots dessus. Mais quelque chose dans ce clip, dans cette plage, dans Helena Christensen et dans la façon dont il la regardait comme si elle était à la fois la meilleure et la pire chose qui lui soit arrivée, quelque chose a dit oui. Ça. Je voulais comprendre ce que c'était.
J'ai mis plus de vingt ans mais j'ai compris.
Il a attendu plus de vingt ans.
Le truc avec les crooners c'est qu'on se fout de la gueule des femmes qui les écoutent. Les femmes qui ont un chanteur à elles, une voix qui leur fait un truc quelque part, qu'elles écoutent un soir de semaine en se sentant très mystérieuses. Je les ai regardées longtemps avec cette condescendance tranquille de quelqu'un qui est absolument certain de ne jamais tomber dans ce panneau-là. Ma mère et les autres avec leurs chanteurs amoureux à la con.
Bah voilà.
Ce que je n'avais pas compris petite devant ce clip, ce que j'ai mis vingt ans à formuler, c'est que Chris Isaak ne fait pas de la musique romantique. Il fait de la musique sur ce que le désir fait aux gens. Ce n'est pas la même chose. Le romantisme console. Lui, il ne console pas. Il décrit. Et il décrit avec une précision qui fait mal parce que c'est exactement ça, exactement cette façon qu'ont les choses de nous échapper au moment où on croit les tenir.
Wicked Game n'est pas une chanson d'amour. C'est une chanson sur quelqu'un qui sait très bien ce qui va se passer et qui y va quand même. Ce monde is only gonna break your heart. Il te prévient. Il le dit dès le début. Et t'y vas quand même parce que c'est ça ou rien et que rien c'est pire.
A dix ans je ne savais pas mettre des mots dessus. Mais quelque chose dans ce clip, dans cette plage, dans Helena Christensen et dans la façon dont il la regardait comme si elle était à la fois la meilleure et la pire chose qui lui soit arrivée, quelque chose a dit oui. Ça. Je voulais comprendre ce que c'était.
J'ai mis plus de vingt ans mais j'ai compris.
Et maintenant j'ai mon crooner à moi. Mon Elvis personnel, mon chanteur amoureux à la con. Je ne me fous plus de la gueule de personne. Enfin si. Mais plus sur ce sujet précis.
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