you've got your eyes looking for something


Bien évidemment que ce samedi fut doux. J’ai passé ma journée à courir à droite à gauche, ce rythme un peu frénétique et inutile qui donne l’impression d’exister pleinement même quand le seul rendez-vous concret de la journée c’est à 15h. Vous voyez l’idée. Se fabriquer une densité. Faire comme si.

J’avais foutu dans les oreilles un vieux disque de Fugazi. Je me suis remise au discman, parce que pour moi c’est comme ça qu’on écoute un album, vraiment. Pas en fond sonore, pas en shuffle, pas entre deux notifications. Tout seul, à longueur de journée, avec le son qui rentre par les oreilles et qui sort nulle part. Le discman c’est un engagement. Une déclaration d’intention. On dit: là, maintenant, je suis là pour ça.

Il y a aussi le nouveau Pretty Reckless qui tourne en boucle depuis quelques jours. Il a quelque chose qui donne envie de prendre la route sans destination précise et de regarder dans le rétroviseur les choses qu’on laisse derrière, les mauvaises comme les bonnes, sans trop faire la différence. Ce genre de disque qui ne vous demande pas comment vous allez mais qui sait déjà la réponse.

Le soir est tombé sans que je m’en rende compte. C’est ça les bonnes journées, elles passent sans prévenir, sans laisser le temps de vérifier si on les a bien utilisées. J’ai pas de bilan à faire. J’ai couru, j’ai écouté, j’ai écrit. Le discman est sur la table, les piles sont mortes, et quelque part Taylor Momsen regarde la route dans un rétroviseur imaginaire. C’est suffisant pour un samedi.

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